{"id":3436,"date":"2021-01-04T00:16:00","date_gmt":"2021-01-03T23:16:00","guid":{"rendered":"http:\/\/ribatalkoutoub.com\/?p=3436"},"modified":"2021-01-04T00:11:51","modified_gmt":"2021-01-03T23:11:51","slug":"citadinite-crise-de-lurbanite-et-citoyennete-au-regard-de-pratiques-darts-urbains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/?p=3436","title":{"rendered":"Citadinit\u00e9, crise de l\u2019urbanit\u00e9 et citoyennet\u00e9 au regard de pratiques d\u2019arts urbains"},"content":{"rendered":"\n<p dir=\"ltr\">Mohammed Naciri, <em>D\u00e9sirs de ville<\/em>. Pr\u00e9face de F\u00e9lix Damette, postfaces de Monceyf Fadili et Grigori Lazarev (Rabat&nbsp;: Economie Critique, 2017), 598 p.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Milaffat_1220-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Milaffat_1220-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3472\" width=\"357\" height=\"579\" srcset=\"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Milaffat_1220-1.jpg 618w, https:\/\/ribatalkoutoub.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Milaffat_1220-1-185x300.jpg 185w\" sizes=\"auto, (max-width: 357px) 100vw, 357px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">En nous basant principalement sur un corpus d\u2019articles regroup\u00e9s dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage <em>D\u00e9sirs de ville<a href=\"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/wp-admin\/post.php?post=3436&amp;action=edit#_edn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>, <\/em>publi\u00e9 en 2017,nous allons pr\u00e9senter et discuter ces th\u00e9ories en lien avec d\u2019autres \u00e9crits acad\u00e9miques portant sur la culture urbaine ainsi que des \u00e9l\u00e9ments issus de notre terrain de recherche doctorale, qui porte sur des formes contemporaines d\u2019arts vivants de rue au sein de grandes villes marocaines<a href=\"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/wp-admin\/post.php?post=3436&amp;action=edit#_edn2\">[2]<\/a>. Ceci afin de montrer de quelle mani\u00e8re ces concepts de citadinit\u00e9, urbanit\u00e9 et citoyennet\u00e9 conservent une actualit\u00e9 pour l\u2019analyse de ph\u00e9nom\u00e8nes contemporains. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">Le manque d\u2019int\u00e9gration des grandes villes et la d\u00e9structuration et \u00e9clatement socio-spatial que d\u00e9crit Mohammed Naciri font suite \u00e0 un afflux rapide et important de populations venues des milieux ruraux \u00e0 partir des ann\u00e9es 60. Dans un article datant de 1991, il sonne une charge virulente contre l\u2019incapacit\u00e9 des villes \u00e0 int\u00e9grer leurs nouveaux habitants&nbsp;: &nbsp;\u00ab&nbsp;Les villes agglom\u00e8rent sans int\u00e9grer , dissolvent les comportements collectifs et les identit\u00e9s culturelles sans offrir \u00e0 leur habitants de nouvelles r\u00e9f\u00e9rences pour faciliter au plus grand nombre l\u2019ancrage des solidarit\u00e9s nouvelles et offrir des points d\u2019appui pour mieux s\u2019approprier l\u2019espace. Une urbanit\u00e9 nouvelle, \u00e0 d\u00e9faut de la perp\u00e9tuation d\u2019une citadinit\u00e9 bien enracin\u00e9e, est au c\u0153ur des probl\u00e8mes d\u2019adaptation et d\u2019int\u00e9gration \u00e0 lasoci\u00e9t\u00e9 citadine&nbsp;\u00bb (p 279).&nbsp;Nous prendrons comme point de d\u00e9part cette citation pour discuter les diff\u00e9rents points qu\u2019il y \u00e9voque : la dissolution des identit\u00e9s culturelles, un manque d\u2019appropriation de l\u2019espace urbain, de m\u00eame qu\u2019une profonde \u00ab&nbsp;d\u00e9structuration&nbsp;\u00bb (p 296) des structures citadines et d\u2019int\u00e9gration traditionnelles. La modernit\u00e9 et l\u2019urbanisation rapide, au lieu de cr\u00e9er des conditions d\u2019int\u00e9gration, se seraient ainsi traduites par&nbsp;la perte de la capacit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration sociale et culturelle des individus et groupes \u00e0 la cit\u00e9. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-left wp-block-heading\"><strong>La crise de la grande ville&nbsp;: fragmentation et exclusion<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">Pour Naciri, les villes, et notamment les grandes m\u00e9tropoles du pays sont \u00ab&nbsp;r\u00e9ductrices des hommes et de leur culture&nbsp;\u00bb contribuant \u00e0 effacer les cultures sp\u00e9cifiques et traditions transmises des nouveaux venus sans pour autant offrir de nouveau socle culturel (p 279). De ce fait, la ville, et plus sp\u00e9cifiquement les m\u00e9tropoles n\u00e9es de l\u2019urbanisation rapide sont pr\u00e9sent\u00e9es comme des espaces de normalisation culturelle, fragment\u00e9es et in\u00e9gales. Cette urbanit\u00e9 probl\u00e9matique serait notamment li\u00e9e au fait que l\u2019urbanisation au Maroc a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9e par chocs successifs. Un premier choc qu\u2019il d\u00e9crit est celui de la domination coloniale pendant le protectorat, une id\u00e9e que l\u2019on retrouve dans d\u2019autres travaux. Ainsi, pour l\u2019anthropologue Janet Abu-Lughod, la colonisation et l\u2019id\u00e9ologie urbanistique mise en \u0153uvre par les agents coloniaux pour cr\u00e9er les nouvelles villes auraient cr\u00e9\u00e9 un \u00ab&nbsp;apartheid&nbsp;urbain\u00bb, &nbsp;\u00e0 la fois urbanistique et social, qui survivra bien apr\u00e8s le protectorat et causeront la d\u00e9structuration et hi\u00e9rarchisation sociale de la ville marocaine, ici Rabat. A une ancienne m\u00e9dina unifi\u00e9e, o\u00f9 se c\u00f4toyaient des classes sociales tr\u00e8s diverses, succ\u00e8de un syst\u00e8me qui r\u00e9gente et s\u00e9pare les populations d\u2019abord en terme d\u2019indig\u00e8ne et colon, puis en termes de classe sociale<a href=\"#_edn3\">[3]<\/a>. Ce premier choc est suivi d\u2019une modernisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des espaces urbains et sociaux accompagn\u00e9 d\u2019une transition d\u00e9mographique brutale qui cause la \u00ab&nbsp;crise urbaine&nbsp;\u00bb qui occupera une grande partie les d\u00e9bats scientifiques sur les villes du monde arabe dans les ann\u00e9es 80 (p 282).<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">&nbsp;A cette urbanit\u00e9 probl\u00e9matique, Naciri oppose unecitadinit\u00e9 ancienne etenracin\u00e9e des anciennes m\u00e9dinas des villes <em>hadaria <\/em>en tant que \u00ab&nbsp;lieux d\u2019intense int\u00e9gration \u00e0 un mode de vie, d\u2019activit\u00e9 et de pens\u00e9e tr\u00e8s individualis\u00e9&nbsp;\u00bb (p 293). Une citadinit\u00e9 dont &nbsp;les anciennes m\u00e9dinas de F\u00e8s, Rabat, Sal\u00e9 ou encore T\u00e9touan sont les plus repr\u00e9sentatives. Cette citadinit\u00e9 \u00e9tait int\u00e9grative mais \u00e9galement dynamique et \u00e9volutive, \u00e9voluant aussi au gr\u00e8s des populations int\u00e9gr\u00e9es. Les caract\u00e9ristiques de cette citadinit\u00e9 et de ses \u00ab&nbsp;expressions\u00bb (pp 32-321) sont d\u00e9finies par plusieurs aspects&nbsp;tel qu\u2019un parler sp\u00e9cifique, des modes d\u2019habillement, des structures d\u2019int\u00e9gration familiales et extra-familiales, une connaissance fine de l\u2019espace social et g\u00e9ographique de la ville et des diff\u00e9rents lignages et alliances matrimoniales, mais encore la fr\u00e9quentation d\u2019espaces de loisirs collectifs qui comportaient leurs codes propres. Dans ce mod\u00e8le, pr\u00e9cise Naciri, il fallait seulement deux g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 de nouveaux venus pour \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 urbaine. A contre-courant, la crise urbaine induit une urbanit\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019anonymat social, la \u00ab&nbsp;solitude dans la foule&nbsp;\u00bb, des expressions culturelles qui ne sont plus qu\u2019un \u00ab&nbsp;cadre sans signification&nbsp;\u00bb pour les nouveaux venus dans la m\u00e9tropole&nbsp; qui ne fait d\u00e9finitivement plus cit\u00e9 (p 304).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-left wp-block-heading\"><strong>L\u2019int\u00e9gration au regard des arts urbains<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">Utilisant ces concepts, nous nous proposons de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont les arts urbains, qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990 peuvent constituer des r\u00e9ponses \u00e0 cette crise urbaine, et \u00eatre un mode renouvel\u00e9 d\u2019int\u00e9gration bien que limit\u00e9 \u00e0 des groupes sp\u00e9cifiques&nbsp; que sont les jeunes ? En effet, selon le g\u00e9ographe et sociologue marocain, il est important de consid\u00e9rer l\u2019apport de la sph\u00e8re culturelle dans les processus d\u2019int\u00e9gration des nouvelles populations urbaines. Il avance que&nbsp;\u00ab&nbsp;la sph\u00e8re culturelle joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans leurs [les villes] capacit\u00e9s d&#8217;int\u00e9gration&nbsp;\u00bb tout en invitant \u00e0 consid\u00e9rer quels r\u00f4les jouent l&#8217;ancienne culture citadine, les traditions rurales parfois introduites en bloc dans la soci\u00e9t\u00e9 urbaine et la part que prennent les classes moyennes dans l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;une \u00ab&nbsp;nouvelle culture urbaine&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn4\">[4]<\/a>. A propos de l\u2019introduction d\u2019\u00e9l\u00e9ments de culture rurale en ville, nous pouvons citer le d\u00e9veloppement d\u2019une musique amazigh urbaine \u00e0 partir des ann\u00e9es 60, qui du milieu rural se d\u00e9veloppe dans les grandes villes telles que Casablanca mais encore Agadir, capitale de la r\u00e9gion du Souss, induisant une adaptation et transformations des modes de performances ainsi qu\u2019un renouvellement de l\u2019identit\u00e9 et des pratiques musicales amazigh<a href=\"#_edn5\">[5]<\/a>. Ces pratiques venant ainsi nourrir l\u2019identit\u00e9 et les modes d\u2019int\u00e9gration des populations amazighes au sein de grandes villes.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">L\u2019\u00e9mergence de formes d\u2019arts urbains d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1990 dans les grandes villes marocaines est int\u00e9ressant \u00e0 mettre en perspective avec cette id\u00e9e, et constituent un exemple de \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9mergence de nouvelles identit\u00e9s urbaines&nbsp;\u00bb (p 318), per\u00e7ues par le bais des expressions artistiques. Les arts urbains ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 introduits par le biais de la culture hip-hop avec ses d\u00e9riv\u00e9s, de danses urbaines comme le break-dance et graffitti, et se sont diversifi\u00e9s au fil des ann\u00e9es pour inclure une grande diversit\u00e9 de formes artistiques, de la musique aux arts vivants, dont beaucoup occupent visiblement l\u2019espace public, comme les arts du cirque, les clowns ou encore les musiciens de rue. Ces pratiques sont mise en \u0153uvre par des jeunes, la plupart issus de couches et quartiers marginalis\u00e9 et exclus spatialement du centre de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">Les cultures urbaines, dont font partie les arts urbains, sont caract\u00e9ris\u00e9es par une relation intime avec les mondes sociaux de la ville. Ces derni\u00e8res sont \u00ab&nbsp;d\u00e9finies par la relation structurante qu\u2019elles entretiennent avec les modes de vie urbains. Elles se d\u00e9ploient en lien avec des organisations et identifications citadines qu\u2019elles contribuent \u00e0 fa\u00e7onner&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn6\">[6]<\/a>. Leur caract\u00e8re \u00e9volutif traduit l\u2019adaptation des populations urbaines, notamment jeunes, \u00e0 diff\u00e9rents mod\u00e8les, qui circulent parfois de l\u2019Europe, dans le cas par exemple des pratiques du cirque ou des Etats-Unis, dans le cas des d\u00e9riv\u00e9s de la culture hip-hop, mais encore des mod\u00e8les ancr\u00e9s localement tels que l\u2019acrobatie, leur permettant de donner sens \u00e0 leur quotidien en ville et de s\u2019approprier l\u2019espace de mani\u00e8re inventive et cr\u00e9ative. Leur pratique, par exemple dans le cas des artistes de cirque et acrobates qui investissent les rues de Rabat et Casablanca, leur permet une appropriation de certains espaces de la ville, publics ou priv\u00e9s comme des institutions, donnant un sens et les int\u00e9grant, bien que partiellement, dans ce grand espace complexe qu\u2019est la grande ville, et de passer de la marge \u00e0 un espace central et visible de la ville, tel que des places publiques ou des institutions culturelles centrales. Cette int\u00e9gration demeure toutefois fragment\u00e9e, puisqu\u2019ils n\u2019investissent pas tous les espaces socio \u2013spatiaux, certains leurs sont symboliquement et mat\u00e9riellement interdits mais constitue une exception dans les trajectoires des jeunes de leur quartier en termes d\u2019int\u00e9gration. Les formes d\u2019arts urbains qu\u2019ils pratiquent circulent entre les villes, semblant corroborer l\u2019hypoth\u00e8se de Naciri qui avance une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 effa\u00e7ant les distinctions locales des formes de citadinit\u00e9 traditionnelle. Une urbanit\u00e9 homog\u00e8ne, o\u00f9 les formes de citadinit\u00e9 uniques de chaque ville seraient amoindries au profit d\u2019un mod\u00e8le national. Cette id\u00e9e fait \u00e9cho \u00e0 la \u00ab&nbsp;configuration nationale&nbsp;\u00bb, not\u00e9e par Kenneth Brown dans son fameux ouvrage sur Sal\u00e9<a href=\"#_edn7\">[7]<\/a>, qui vient remplacer les identit\u00e9s locales, r\u00e9gionales et tribales qui ont longtemps domin\u00e9 la formation des identit\u00e9s individuelles et collectives au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">Les arts urbains et plus sp\u00e9cifiquement les arts de rue tels que les danses, carnavals, th\u00e9\u00e2tres de rue, et autres diverses formes constituent \u00ab&nbsp;de nouveaux cadres rituels d\u2019expression&nbsp;\u00bb qui r\u00e9v\u00e8lent \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9mergence de nouvelles valeurs morales (exprim\u00e9es dans les po\u00e8mes, les chansons, les peintures murales) et l\u2019expression de nouvelles solidarit\u00e9s (qui sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019un entreprenariat culturel relevant en grande partie de l\u2019\u00e9conomie familiale et \u00ab&nbsp;informelle&nbsp;\u00bb)<a href=\"#_edn8\">[8]<\/a>.&nbsp; Les valeurs et mod\u00e8les mis en pratique dans les arts de rue peuvent \u00e0 la fois \u00eatre locaux et transnationaux, sont circulation perp\u00e9tuelle entre les r\u00e9gions et les continents, et actualisent certaines fonctions d\u2019int\u00e9gration de la citadinit\u00e9 traditionnelle tels que certains modes d\u2019habillement, de parler, mais encore une appropriation et connaissance des espaces de la ville qui sont communs \u00e0 ces groupes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-left wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\">Les concepts de citadinit\u00e9 et d\u2019urbanit\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s par Mohamed Naciri portent un int\u00e9r\u00eat pour comprendre et analyser des ph\u00e9nom\u00e8nes du 21\u00e8me si\u00e8cle. Les pratiques d\u2019arts urbains par les jeunes leur permettent de passer des quartiers d\u2019exclusion et de marginalit\u00e9 dont ils sont bien souvent originaires \u00e0 des espaces centraux&nbsp;: places publiques, institutions culturelles reconnues et nous font r\u00e9fl\u00e9chir aux modes d\u2019int\u00e9gration \u00e0 la ville \u00e0 l\u2019\u0153uvre aujourd\u2019hui. Peut-on postuler qu\u2019une int\u00e9gration \u00e0 la ville, \u00e0 la fois socialement et spatialement, est possible par la pratique artistique&nbsp;? Pour sortir de la crise d\u2019int\u00e9gration de l\u2019urbanit\u00e9 moderne, Mohammed Naciri avance la notion de citoyennet\u00e9, qu\u2019il d\u00e9finit par un niveau sup\u00e9rieur de prise de conscience des probl\u00e8mes de la cit\u00e9, de m\u00eame qu\u2019un exercice des libert\u00e9s fondamentale permettant de participer pleinement \u00e0 la d\u00e9termination de son destin \u00e0 travers des institutions d\u00e9mocratiques, citant comme exemple le mouvement associatif (p 388, p 393). Apr\u00e8s tout et lui-m\u00eame le dit&nbsp;: \u00ab&nbsp; Il ne s\u2019agit pas de faire revivre cette citadinit\u00e9 qui a marqu\u00e9 profond\u00e9ment les soci\u00e9t\u00e9s urbaines pendant le XIXe et le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. [\u2026] Ce qu\u2019il importe de saisir, ce sont les continuit\u00e9s et ruptures, ce sont les transitions vers une nouvelle culture, celle de la citoyennet\u00e9, qui \u00e9maillent cette \u00e9volution&nbsp;\u00bb (p 319). Sa r\u00e9flexion nous invite \u00e0 prendre le parti d\u2019\u00e9tudier ces nouvelles pratiques artistiques au prisme de l\u2019int\u00e9gration et de la citadinit\u00e9, mais encore de lier sa notion de citoyennet\u00e9 \u00e0 la pratique, aujourd\u2019hui, d\u2019arts en espaces publics.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref1\">[1]<\/a> Naciri, Mohammed. 2017. <em>D\u00e9sirs de Ville.<\/em> Rabat, Economie Critique.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref2\">[2]<\/a> Notre recherche doctorale, entam\u00e9e en octobre 2018, porte sur des formes contemporaines d\u2019arts vivants de rue au Maroc.&nbsp; Plus sp\u00e9cifiquement sur des pratiques d\u2019acrobatie, cirque et danses urbaines, le plus souvent mises en \u0153uvre par des jeunes, au sein d\u2019espaces publics des villes de Rabat et Casablanca.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref3\">[3]<\/a> Janet Abu Lughod.1980. <em>Rabat. Urban Apartheid in Morocco<\/em>. Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref4\">[4]<\/a> &nbsp;Propos tenus par Mohammed Naciri lors du colloque international d&#8217;architecture organis\u00e9 par Akzo Nobel, les 22 et 23 octobre 1998, sur le th\u00e8me &#8220;La ville et les hommes&#8221;. Source&nbsp;: Journal <em>L\u2019Economiste <\/em><a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/les-architectes-se-penchent-sur-la-culture-citadine\">https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/les-architectes-se-penchent-sur-la-culture-citadine<\/a>&nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref5\">[5]<\/a> Oubenal, Mohammed. &nbsp;2020. \u00ab&nbsp;Les d\u00e9fis de la musique urbaine amazighe : le cas des artistes d\u2019Agadir&nbsp;\u00bb. In <em>Expressions musicales amazighes en mutation. <\/em>IRCAM, Rabat., pp.101-124.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref6\">[6]<\/a> Puig, Nicolas 2020. \u00ab&nbsp;Cultures Urbaines&nbsp;\u00bb in <em>Ab\u00e9c\u00e9daire de la ville au Maghreb et au Moyen-Orient, <\/em>sous la direction de B\u00e9nedicte Florin, Anna Madoeuf, Olivier San Martin, Roman Stadnicki et Florence Troin. Tours: PUFR.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref7\">[7]<\/a> Kenneth, Brown, 1976. <em>People of Sal\u00e9. Tradition and change in a Moroccan city 1830-1930. <\/em>Harvard University Press.<\/p>\n\n\n\n<p dir=\"ltr\"><a href=\"#_ednref8\">[8]<\/a> Agier, Michel et Alain Ricard, 1997. \u00ab&nbsp;Les arts de la rue dans les soci\u00e9t\u00e9s du sud&nbsp;\u00bb. <em>Autrepart, <\/em>num\u00e9ro 1. ORSTOM, \u00c9ditions de l\u2019Aube, p 5.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mohammed Naciri, D\u00e9sirs de ville. Pr\u00e9face de F\u00e9lix Damette, postfaces de Monceyf Fadili et Grigori Lazarev (Rabat&nbsp;: Economie Critique, 2017), 598 p. En nous basant principalement sur un corpus d\u2019articles regroup\u00e9s dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage D\u00e9sirs de ville[1], publi\u00e9 en 2017,nous allons pr\u00e9senter et discuter ces th\u00e9ories en lien avec d\u2019autres \u00e9crits acad\u00e9miques &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":234,"featured_media":3425,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[253],"tags":[807,808,815,816,817],"class_list":["post-3436","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-253","tag-citadinite","tag-urbanite","tag-arts","tag-integration","tag-jeunes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3436","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/234"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3436"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3436\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3425"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3436"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3436"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}