{"id":589,"date":"2011-03-06T15:53:31","date_gmt":"2011-03-06T14:53:31","guid":{"rendered":"http:\/\/ribatalkoutoub.com\/?p=589"},"modified":"2016-03-11T14:12:01","modified_gmt":"2016-03-11T13:12:01","slug":"589","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/?p=589","title":{"rendered":"De la protestation urbaine au Maroc"},"content":{"rendered":"<div dir=\"rtl\" style=\"text-align: justify;\">\n<div dir=\"rtl\"><\/div>\n<p><strong><strong>\u062a\u0642<\/strong><\/strong><strong>\u0627\u0631\u064a\u0631 \u0644\u062c\u0646 \u062a\u0642\u0635\u064a \u0627\u0644\u062d\u0642\u0627\u0626\u0642: \u0627\u0644\u0639\u064a\u0648\u0646\u060c \u0627\u0644\u062d\u0633\u064a\u0645\u0629\u060c \u0635\u0641\u0631\u0648\u060c \u0627\u0644\u0642\u0635\u0631 \u0627\u0644\u0643\u0628\u064a\u0631\u060c \u0633\u0644\u0627\u060c \u0633\u064a\u062f\u064a \u0625\u0641\u0646\u064a\u00a0<\/strong>\u060c \u0627\u0644\u0631\u0628\u0627\u0637\u060c \u0646\u0634\u0631 \u0627\u0644\u0645\u0646\u0638\u0645\u0629 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628\u064a\u0629 \u0644\u062d\u0642\u0648\u0642 \u0627\u0644\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646\u060c 2009<\/div>\n<div dir=\"rtl\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"line-height: 1.5em;\">La protestation sociale est une notion g\u00e9n\u00e9rique qui regroupe \u00e0 la fois l\u2019\u00e9meute, le mouvement social et les nouveaux\u00a0<\/span><\/div>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\n<div dir=\"rtl\"><\/div>\n<p>La protestation sociale est une notion g\u00e9n\u00e9rique qui regroupe \u00e0 la fois l\u2019\u00e9meute, le mouvement social et les nouveaux mouvements sociaux. Grosso modo, le premier se caract\u00e9rise par sa violence collective, sa spontan\u00e9it\u00e9 et sa fugacit\u00e9(1) le second a pour objectif de d\u00e9fendre des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels et le troisi\u00e8me t d\u00e9fend ou met en cause les valeurs dominantes.<\/p>\n<div dir=\"rtl\"><\/div>\n<p>La litt\u00e9rature sociologique(2) r\u00e9cente, notamment anglo-saxonne, permet de distinguer plusieurs dimensions (niveau macro et niveau micro) susceptibles de mieux saisir la construction des protestations sociales. Le niveau macro fait r\u00e9f\u00e9rence aux opportunit\u00e9s politiques locales, nationales, voire internationales favorables \u00e0 l\u2019organisation de la protestation sociale, \u00e0 savoir la libert\u00e9 d\u2019expression, l\u2019acc\u00e8s aux mass media, le degr\u00e9 du m\u00e9contentement social, etc.) Le niveau micro met en exergue la capacit\u00e9 des acteurs \u00e0 r\u00e9ussir la mobilisation sociale, la nature des biens collectifs \u00e0 revendiquer, les objectifs de la protestation, les co\u00fbts de la participation (confrontation physique avec la police, arrestation, condamnation) et les b\u00e9n\u00e9fices que le protestataire peut tirer de sa participation.<\/p>\n<p>Mais pour que les opprim\u00e9s s\u2019engagent dans une action collective, ils doivent se lib\u00e9rer d\u2019abord d\u2019une culture fataliste, puis percevoir leurs conditions sociales comme \u00e9tant injustes ou immorales. Cette perception d\u2019injustice pourrait \u00eatre diffus\u00e9e au sein de la population cible par des acteurs qui la mobilisent sur une th\u00e9matique \u00e0 caract\u00e8re communautaire, ethno-national, sexuel, linguistique\u2026 ou tout simplement sur des revendications mat\u00e9rielles.<\/p>\n<p>Emeutes, mouvements sociaux ou nouveaux mouvements sociaux ?<\/p>\n<p>Pour analyser les r\u00e9voltes de 1978 en Tunisie, celles de 1988 en Alg\u00e9rie et celles de 1965, de 1981 et de 1984 au Maroc, certains auteurs parlent d\u2019\u00e9meutes(3), d\u2019autres de mouvements populaires(4), ou encore de mouvements sociaux, voire de mouvements urbains(5).<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, la litt\u00e9rature sociologique d\u00e9finit le concept de mouvement social comme \u00e9tant &#8220;une organisation nettement structur\u00e9e et identifiable ayant pour but explicite de grouper des membres en vue de la d\u00e9fense ou de la promotion de certains objets pr\u00e9cis, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 connotation sociale&#8221;(6).<\/p>\n<p>La notion de l\u2019\u00e9meute est d\u00e9finie comme la n\u00e9gation du concept du mouvement social. Elle d\u00e9signe un ensemble d\u2019actions collectives violentes, \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, inorganis\u00e9es, donc sans leadership, ni revendications sociales pr\u00e9cises. C\u2019est tout le contraire d\u2019un mouvement social. Si le mouvement social (le syndicat par exemple) a pour objectif la d\u00e9fense d\u2019int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels cat\u00e9goriels, le concept de nouveaux mouvements sociaux, \u00e9labor\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 60 par Alain Touraine, d\u00e9signe plut\u00f4t des acteurs qui luttent pour l\u2019instauration de nouvelles valeurs li\u00e9es \u00e0 la justice, \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes, au droit \u00e0 la diff\u00e9rence, au pacifisme, \u00e0 l\u2019\u00e9cologie\u2026<\/p>\n<p>Cependant, il ne faut pas confondre le concept du mouvement social avec celui du mouvement social urbain. Les mouvements sociaux qui se d\u00e9roulent sur la sc\u00e8ne urbaine (dans la ville) ne peuvent pas \u00eatre qualifi\u00e9s de mouvements sociaux urbains. Ces derniers ont pour objet la ville elle m\u00eame. Il faut donc faire la distinction entre &#8220;social phenomena which are in the city and those which are of the city&#8221;(7).<\/p>\n<p>Mais les diff\u00e9rentes d\u00e9finitions de ce concept dans la litt\u00e9rature sociologique d\u00e9coulent de l\u2019\u00e9laboration d\u2019un cadre th\u00e9orique g\u00e9n\u00e9ral. Depuis les ann\u00e9es soixante du si\u00e8cle dernier, les chercheurs, notamment marxistes, \u00e9taient sensibles au d\u00e9clin du taux de syndicalisation dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales. Sur ce constat, plusieurs paradigmes sont n\u00e9s \u00e0 la recherche d\u2019un nouveau mouvement social susceptible de se substituer au mouvement ouvrier qui \u00abs\u2019embourgeoise\u00bb. Nous allons y revenir.<\/p>\n<p>Alain Touraine pr\u00e9cise que \u00abla notion de mouvement social n\u2019est utile que si elle permet de mettre en \u00e9vidence l\u2019existence d\u2019un type particulier d\u2019action collective, celui par lequel une cat\u00e9gorie sociale, toujours particuli\u00e8re, met en cause une forme de domination sociale, \u00e0 la fois particuli\u00e8re et g\u00e9n\u00e9rale, et en appelle contre elle \u00e0 des valeurs, \u00e0 des orientations g\u00e9n\u00e9rales de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019elle partage avec son adversaire pour le priver ainsi de l\u00e9gitimit\u00e9 \u00bb(8). Alain Touraine propose de parler de mouvements soci\u00e9taux, pour indiquer clairement qu\u2019ils mettent en cause des orientations g\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb(9).<\/p>\n<p>La sociabilit\u00e9 interdite<\/p>\n<p>La p\u00e9riode d\u2019apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du pays jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, \u00e9tait marqu\u00e9e par des conflits politiques entre la monarchie et les organisations politiques issues du mouvement national. Le Pouvoir, \u00e0 travers ses actions exprimait son aversion \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la foule, de l\u2019attroupement et de tous les espaces susceptibles de cr\u00e9er un processus de communication sociale quotidienne. Comme s\u2019il faudrait donc rompre la communication sociale pour \u00e9viter les \u00e9ventuels dangers, d\u2019arr\u00eater le mal avant sa construction. Vider les espaces publics deviendrait un objectif s\u00e9curitaire : interdiction d\u2019attroupement de plus de cinq personnes, rafles g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 partir de huit heures du soir, mosqu\u00e9e ferm\u00e9es juste apr\u00e8s les pri\u00e8res, etc.(10)<\/p>\n<p>M\u00eame les pratiques festives de la rue sont pourchass\u00e9es par les autorit\u00e9s locales. En interdisant les espaces de spectacles quotidiens (halka), la rue a tendance \u00e0 devenir un espace r\u00e9serv\u00e9 uniquement \u00e0 la circulation. La halka, comme forme de divertissement collectif, est progressivement interdite jusqu\u2019\u00e0 sa disparition totale de l\u2019environnement urbain casablancais. En milieu urbain, il n\u2019existe pas de temps fort de la vie collective qui permet de mettre en relief le lien territorial. Les rassemblements festifs, par exemple, jouent un r\u00f4le dans la construction et le renforcement des identit\u00e9s locales. Ils permettent \u00e0 des habitants anonymes de se rencontrer dans des espaces publics. De par son attitude, l\u2019Etat neutralise les espaces publics. Il favorise ainsi les retranchements des familles dans leurs habitations et par cons\u00e9quent, l\u2019assimilation de la rue \u00e0 l\u2019immoralit\u00e9.<\/p>\n<p>Alexis de Tocqueville \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 en 1856 que \u00ab le despotisme, loin de lutter contre cette tendance (de se retirer dans un individualisme \u00e9troit o\u00f9 toute vertu publique est \u00e9touff\u00e9e), la rend irr\u00e9sistible, car il retire aux citoyens toute passion commune, tout besoin mutuel, toute n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019entendre, toute occasion d\u2019agir ensemble ; il les mure pour ainsi dire, dans la vie priv\u00e9e. Ils tendaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se mettre \u00e0 part : il les isole ; ils se refroidissaient les uns pour les autres : il les glace(11).\u00bb<\/p>\n<p>Dans un pays qui ne tol\u00e8re pas la protestation sociale, l\u2019appel des syndicats \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale cr\u00e9e une ambiance tendue dans la ville. Il met visiblement les forces charg\u00e9es de l\u2019ordre en \u00e9tat d\u2019alerte. Les habitants, les femmes et filles, les \u00e9l\u00e8ves, les commer\u00e7ants, les travailleurs\u2026 en \u00e9tat de panique et de m\u00e9fiance. L\u2019appel \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, suite \u00e0 l\u2019augmentation des prix des produits alimentaires de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, offre une occasion \u00e0 la protestation sociale d\u2019\u00e9merger d\u2019une mani\u00e8re non-organis\u00e9e et violente. L\u2019appel \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale devenait synonyme au niveau des repr\u00e9sentations sociales et officielles d\u2019\u00e9meute.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 80, l\u2019opposition politique exerce syst\u00e9matiquement sa pression sur l\u2019Etat pour occuper le devant de la sc\u00e8ne politique. D\u2019abord \u00e0 travers les diff\u00e9rentes gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales qui se transforment \u00e0 chaque fois en \u00e9meutes (en 1981et 1990) secouant ainsi les villes et le pouvoir politique. Le Pouvoir ne laissait \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 urbaine qu\u2019une marge \u00e9ventuelle de r\u00e9action, de r\u00e9sistance ou d\u2019\u00e9meute.<\/p>\n<p>Emeutes et manifestations: pourquoi les gens protestent?<\/p>\n<p>Les \u00e9meutiers \u00e0 Casablanca qui s\u2019attaquaient, en juin 1981, aux arbres, aux abris-bus, aux poteaux d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, et incendient des voitures appartenant au petit peuple n\u2019ont-ils pas eu un comportement irrationnel et maladif? Depuis le XIXe si\u00e8cle, les sciences sociales ont cherch\u00e9 \u00e0 comprendre et \u00e0 expliquer les conduites sociales. Le d\u00e9bat tournait autour de la rationalit\u00e9 et de l\u2019irrationalit\u00e9 des comportements collectifs. Ainsi, Max Weber (1864-1920) distingue quatre types de motivations qui d\u00e9terminent l\u2019action sociale(12):<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0L\u2019adaptation des moyens aux fins;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0La conviction de la sup\u00e9riorit\u00e9 de certaines valeurs qui poussent leurs acteurs \u00e0 agir dans un sens;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0Le poids des traditions;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0Les passions affectives qui guident les comportements en dehors de toutes actions rationnelles.<\/p>\n<p>Si le premier point traduit une action sociale rationnelle, ayant des objectifs pr\u00e9cis \u00e0 atteindre, les trois autres types d\u2019actions sociales sont plut\u00f4t guid\u00e9es par des valeurs, des traditions ou par des \u00e9motions. L\u2019\u00e9motion qui guide le comportement collectif de la foule \u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e par Gustave Le Bon (1840-1931). Dans une analyse psycho-sociale qui tentait d\u2019\u00e9tudier les caract\u00e8res fondamentaux de la foule, il \u00e9crivait que celle-ci est \u00abconduite presque exclusivement par l\u2019inconscient\u00bb(13). \u00abL\u2019individu en foule se rapproche des \u00eatres primitifs(14)\u2026 Les instincts de f\u00e9rocit\u00e9 destructives sont des r\u00e9sidus des \u00e2ges primitifs dormant au fond de chacun de nous\u00bb(15).<\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019orientation psychologisante relatives \u00e0 la frustration-agression (violence) qui expliquerait l\u2019explosion violente des conflits sociaux allait faire recette. Louis Coser \u00e9crivait: \u00abJe suis intimement persuad\u00e9 que les \u00eatres humains&#8230; ne recourent \u00e0 l\u2019action violente que s\u2019ils se trouvent dans des conditions d\u2019extr\u00eame frustration, de d\u00e9labrement moral et d\u2019angoisse\u00bb(16). Participer \u00e0 l\u2019action violente est \u00abune occasion pour les opprim\u00e9s et les r\u00e9prouv\u00e9s d\u2019affirmer leur identit\u00e9 et de clamer leur qualit\u00e9 qui jusqu\u2019ici avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9ni\u00e9\u00bb(17).<\/p>\n<p>Depuis l\u2019ouverture du syst\u00e8me politique, \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 90 du si\u00e8cle dernier, les gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales au Maroc ne correspondent plus automatiquement au d\u00e9clenchement de l\u2019\u00e9meute dans les quartiers. La population passe selon le mod\u00e8le de Albert O. Hirschman de la voie de loyalisme et de la d\u00e9fection \u00e0 la prise de la parole(18). Si les ann\u00e9es 80 se caract\u00e9risaient par la multiplication et la r\u00e9p\u00e9tition des \u00e9meutes en milieu urbain, les ann\u00e9es 90 se pr\u00e9sentent comme une \u00e9tape o\u00f9 les mouvements sociaux et les nouveaux mouvements sociaux pourraient s\u2019organiser et se renforcer.<\/p>\n<p>Avant les ann\u00e9es 90, rares sont les acteurs \u00e0 la t\u00eate d\u2019un mouvement social qui pensent demander aux autorit\u00e9s locales une autorisation pr\u00e9alable pour l\u2019organisation d\u2019une manifestation. L\u2019occupation de l\u2019espace public (manifestation, marche, sit-in&#8230;), m\u00eame si elle n\u2019est que rarement autoris\u00e9e, constitue au cours des ann\u00e9es 90, un enjeu politique permettant aux diff\u00e9rents mouvements sociaux d\u2019exercer une pression permanente sur le pouvoir politique.<\/p>\n<p>C\u2019est dans cette perspective que certaine litt\u00e9rature sociologique (depuis Max Weber et Gustave Le Bon jusqu\u2019\u00e0 Lewis Coser) distingue, grosso modo, la th\u00e8se de l\u2019irrationnel \u00e9meutier et du rationnel manifestant. Ce dernier devient donc la forme \u00abmoderne\u00bb et \u00abl\u00e9gale\u00bb de la protestation sociale. Toujours dans le sens de s\u00e9parer les actions collectives rationnelles de celles qui sont irrationnelles, Lewis Coser a distingu\u00e9 le conflit r\u00e9aliste du conflit non-r\u00e9aliste. Le premier est un moyen pour atteindre certains objectifs sp\u00e9cifiques fix\u00e9s d\u2019avance(19) (gr\u00e8ves, manifestation, p\u00e9titions revendicatives, etc.) et le second, par contre, n\u2019est pas occasionn\u00e9 \u00abpar des rivalit\u00e9s d\u2019antagonistes, mais par le besoin de lib\u00e9rer une tension\u00bb(20) agressive chez une ou plusieurs personnes (\u00e9meutes, r\u00e9voltes).<\/p>\n<p>Un nouveau courant sociologique anglo-saxon s\u2019est impos\u00e9 dans les ann\u00e9es 60, \u00e0 travers Davis (1962) et Ted Robert Gurr(21) (1970). L\u2019action collective n\u2019est plus situ\u00e9e dans le domaine de l\u2019irrationnel. Une nouvelle perspective s\u2019est ouverte qui cherche \u00e0 mettre en exergue les raisons susceptibles d\u2019expliquer l\u2019explosion des mouvements de protestations sociales. La variable explicative d\u00e9terminante est l\u2019accentuation d\u2019un processus de frustration sociale, c\u2019est-\u00e0-dire le d\u00e9calage entre les aspirations d\u2019un groupe d\u2019individus et la perception qu\u2019il a de sa situation concr\u00e8te. Dans cette m\u00eame logique th\u00e9orique que Pierre Bourdieu approche la r\u00e9volte des \u00e9tudiants, en France, de mai 1968. En analysant ce mouvement social estudiantin, Bourdieu met en relief le d\u00e9calage entre les aspirations sociales et la position sociale. La crise estudiantine est approch\u00e9e comme processus g\u00e9n\u00e9ral de d\u00e9valuation des titres de dipl\u00f4mes \u00able nombre des dipl\u00f4m\u00e9s du sup\u00e9rieur augmentant plus rapidement que celui des emplois des cadres sup\u00e9rieurs\u00bb(22).<\/p>\n<p>C\u2019est dans les facult\u00e9s des lettres et plus particuli\u00e8rement en psychologie et en sociologie, disciplines o\u00f9 \u00e9taient sur-repr\u00e9sent\u00e9s les \u00e9tudiants d\u2019origine sociale ais\u00e9e ayant effectu\u00e9 de m\u00e9diocre parcours scolaire, o\u00f9 le d\u00e9calage entre les pr\u00e9tentions sociales et les perspectives r\u00e9alistes d\u2019emploi \u00e9tait donc le plus \u00e9lev\u00e9. La r\u00e9volte des \u00e9tudiants bourgeois expos\u00e9s au d\u00e9classement social a pu s\u2019\u00e9tendre \u00e0 d\u2019autres \u00e9tudiants, d\u2019une part parce que la proximit\u00e9 des conditions \u00e9tait redoubl\u00e9e, notamment dans les facult\u00e9s des sciences et lettres par une homologie de position (une menace de d\u00e9classement sinon toujours par rapport \u00e0 la position parentale du mois par rapport aux positions que pouvaient laisser esp\u00e9rer les titres universitaires dans un \u00e9tat ant\u00e9rieur du syst\u00e8me(23).<\/p>\n<p>Avant Pierre Bourdieu, Ted Robert Gurr estime(24) que l\u2019intensit\u00e9 des frustrations est le carburant des mouvements sociaux. Il analyse la frustration comme un \u00e9tat de tension, une satisfaction attendue et refus\u00e9e, g\u00e9n\u00e9ratrice d\u2019un potentiel de m\u00e9contentement et de violence(25). La souffrance sociale n\u2019est pas corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 des normes absolues (seuil de pauvret\u00e9&#8230;) mais pens\u00e9 comme mis\u00e8re de position, d\u00e9calage entre les attentes socialement construites et la perception du pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 partir de cette approche th\u00e9orique que nous pouvons expliquer la violence et la radicalisation des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs au Maroc. Elle met en exergue le paradoxe entre la position sociale attendue et esp\u00e9r\u00e9e, apr\u00e8s de longues \u00e9tudes universitaires, et la r\u00e9alit\u00e9 sociale am\u00e8re qui r\u00e9duit les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s \u00e0 la mis\u00e8re, au ch\u00f4mage ou \u00e0 l\u2019exercice d\u2019un m\u00e9tier qui ne valorise pas ses comp\u00e9tences acquises \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Cette approche th\u00e9orique peut \u00e9galement analyser les r\u00e9cents mouvements de protestation sociale dans les r\u00e9gions et les petites villes, loin de l\u2019axe Casablanca-Rabat. La mobilisation sociale dans les villes de Bouarfa, Sefrou, Tata, Sidi Ifni, al-Hociema, Zogora\u2026 traduisent un sentiment intense de frustration d\u00fb \u00e0 leur marginalit\u00e9 socio-spatiale chez les nouvelles couches sociales moyennes montantes instruites. Les habitants de ces petites villes, mobilis\u00e9s par l\u2019AMDH, ATTAC, le PJD, le PSU, l\u2019USFP\u2026 ou tout simplement le tissu associatif local, expriment le sentiment d\u2019appartenir \u00e0 un \u00abMaroc inutile\u00bb, d\u2019\u00eatre exclus de la dynamique que conna\u00eet actuellement le pays. Nous allons y revenir avec l\u2019exemple de l\u2019\u00e9volution r\u00e9cente de la mobilisation sociale \u00e0 Sidi Ifni.<\/p>\n<p>Dans une nouvelle conjoncture caract\u00e9ris\u00e9e par un processus d\u2019ouverture du syst\u00e8me politique, les mouvements \u00e9parpill\u00e9s des protestataires dans l\u2019espace public, relay\u00e9s par les mass m\u00e9dia, participent \u00e0 un processus de la politisation d\u2019une population qui se sent actuellement marginalis\u00e9e et capable de prendre la parole sans trop de risque. Alors qu\u2019elle se consid\u00e9rait depuis longtemps comme \u00e9tant sous surveillance politique. La r\u00e9pression selon la th\u00e9orie des opportunit\u00e9s politiques r\u00e9duit la mobilisation. Le fait de recevoir officiellement et de dialoguer r\u00e9guli\u00e8rement avec les protestataires encouragent les acteurs mobilisateurs. Quand les pouvoirs publics entament des r\u00e9formes ou r\u00e9pondent favorablement \u00e0 des demandes sociales, ils l\u00e9gitiment l\u2019action protestataire.<\/p>\n<p>Sidi Ifni, une ville en \u00e9bullition contre la marginalisation<\/p>\n<p>Ancienne enclave espagnole jusqu\u2019en 1969, la ville de Sidi Ifni, au sud du pays, abrite 20.000 habitants selon le recensement de la population et de l\u2019habitat de 2004. Elle souffre d\u2019un enclavement g\u00e9ographique qui renforce sa marginalit\u00e9 \u00e9conomique et sociale(26). Dans les centres urbains enclav\u00e9s ou \u00e9loign\u00e9s des grandes villes, la mobilisation sociale des masses urbaines se fait essentiellement autour de la th\u00e9matique relative \u00e0 la marginalisation spatiale et \u00e0 l\u2019exclusion sociale. Dans ces r\u00e9gions, l\u2019organisation sociale de la protestation peut se r\u00e9aliser au-del\u00e0 des clivages politiques traditionnels. Le cas de la ville de Sidi Ifni est de ce point de vue tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur.<\/p>\n<p>Les acteurs fructifient le sentiment de frustration pour la mobilisation des habitants:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00abSidi Ifni est une ville en agonie\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00abLe port de Sidi Ifni regorge de poissons, chaque jour des milliards sortent du port sans que les habitants d\u2019Ifni en b\u00e9n\u00e9ficient\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00abNous voulons notre propre pr\u00e9fecture\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est contre cette perception de la marginalisation et ce sentiment de d\u00e9pendance de Sidi Ifni \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une autre pr\u00e9fecture (Tiznit) que la ville \u00e9tait l\u2019objet d\u2019affrontements multiples entre les autorit\u00e9s locales et les habitants. Les entrepreneurs de la protestation sont organis\u00e9s sous forme d\u2019un Secr\u00e9tariat qui groupe les diff\u00e9rents partis politiques (PJD, USFP, Istiqlal, la Gauche socialiste unifi\u00e9e), les associations et les syndicats des enseignants, des taxis, des employ\u00e9s municipaux, etc. Cr\u00e9\u00e9 en avril 2005, le Secr\u00e9tariat a lanc\u00e9 un appel \u00e0 la manifestation contre l\u2019exclusion sociale et la marginalisation de leur r\u00e9gion, la mauvaise gestion municipale, la non-transparence dans les op\u00e9rations relatives aux march\u00e9s publics, etc. En effet, on assiste, le 22 mai, \u00e0 une mobilisation d\u2019environ 7.000 habitants de la ville de Sidi Ifni et de la r\u00e9gion d\u2019A\u00eft Ba Amrane(27). En partant du si\u00e8ge du Pacha, les manifestants ont travers\u00e9 les grands boulevards du centre-ville.<\/p>\n<p>Une seconde marche de protestations a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e, le 07 ao\u00fbt, \u00e0 Sidi Ifni. Elle s\u2019est termin\u00e9e par une violence orchestr\u00e9e par les forces de l\u2019ordre contre les manifestants. Devant les menaces des protestataires de descendre encore une fois dans la rue la semaine d\u2019apr\u00e8s, le gouverneur de la r\u00e9gion a demand\u00e9 la formation d\u2019un comit\u00e9 repr\u00e9sentant les protestataires afin d\u2019entamer un dialogue avec eux. Apr\u00e8s sa r\u00e9ussite symbolique, la protestation sociale a \u00e9galement abouti \u00e0 un dialogue entre les membres du Secr\u00e9tariat et le Conseil r\u00e9gional de Sous. Mais deux semaines apr\u00e8s, le 21 ao\u00fbt 2005, les promoteurs de la protestation ont reconquis l\u2019espace public. Apr\u00e8s deux heures d\u2019affrontement, les autorit\u00e9s locales ont \u00e9t\u00e9 contraintes d\u2019accepter d\u2019autoriser la marche.<\/p>\n<p>La date de 30 juin qui devrait c\u00e9l\u00e9brer l\u2019int\u00e9gration de la ville de Sidi Ifni dans le territoire national, devient un moment privil\u00e9gi\u00e9 de protestation sociale. En ce mois de juin 2007, une centaine de jeunes dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs ont occup\u00e9 la route en obligeant les autorit\u00e9s locales \u00e0 fermer les principaux si\u00e8ges administratifs(28). L\u2019ensemble de ces protestations \u00e9taient encadr\u00e9es par Le comit\u00e9 de coordination, baptis\u00e9 Secr\u00e9tariat local de Sidi Ifni-A\u00eft Baamrane (SLSIA) qui a appel\u00e9 \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale le 30 juin et au boycotte des \u00e9lections l\u00e9gislatives de septembre 2007.<\/p>\n<p>La protestation sociale monte d\u2019un cran le 30 mai 2008. Un sit in a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 devant une usine de poisson au port de Sidi Ifni. Dispers\u00e9 par les forces de l\u2019ordre, le sit in a fait 45 bless\u00e9s dont 28 agents de la police. Ces \u00e9v\u00e9nements ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9s apr\u00e8s l\u2019organisation par la municipalit\u00e9 de la ville d\u2019un tirage au sort pour pouvoir recruter huit agents (\u00e9boueurs). Plus de 972 personnes avaient r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel. Profitant de l\u2019effet de la foule, les protestataires, parmi eux les membres du Secr\u00e9tariat local, ont observ\u00e9 un sit in en bloquant les activit\u00e9s du port. Plusieurs camions, environ 90, charg\u00e9s de poissons, ont \u00e9t\u00e9 pris au pi\u00e8ge, car le sit in a dur\u00e9 une semaine et ce 24 heures sur 24. Les protestataires ont install\u00e9 trois tentes et se sont retranch\u00e9s derri\u00e8re des barricades(29). Le dialogue entam\u00e9 par les autorit\u00e9s locales avec les protestataires reste sans aucun effet(30).<\/p>\n<p>La presse relate que la ville a \u00e9t\u00e9 encercl\u00e9e par plus de 3.000 agents appartenant \u00e0 diff\u00e9rents types de forces de l\u2019ordre, soutenus par un h\u00e9licopt\u00e8re. Les forces de l\u2019ordre sont intervenues violemment, le samedi 07 juin 2008, pour disperser ce sit-in qui a trop dur\u00e9. Bilan: plusieurs bless\u00e9s et une centaine de personnes arr\u00eat\u00e9es(31). A la suite de ces \u00e9v\u00e9nements(32) tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9s, le parlement d\u00e9cida la cr\u00e9ation d\u2019une commission d\u2019enqu\u00eate; 15 d\u00e9put\u00e9s(33) sont partis enqu\u00eater sur place. Une mobilisation sociale similaire s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en juin 2005 dans la ville de Tata. L\u2019Instance de d\u00e9fense de la qualit\u00e9 et de la gratuit\u00e9 des services m\u00e9dicaux (Hayaate addifaa ane jawdate wa majaniyate al khadamate assihiya) qui regroupe plus de 30 cadres appartenant \u00e0 des partis politiques, syndicats et associations, a assur\u00e9 une mobilisation massive(34) des habitants aux mois de mars et de mai.<\/p>\n<p>Devant cette mobilisation sociale, les autorit\u00e9s locales avaient interdit l\u2019occupation de l\u2019espace public. Le premier juin, les forces de l\u2019ordre interviennent violemment pour disperser les protestataires en sit-in. Les membres de l\u2019Instance sont poursuivis par la justice pour r\u00e9ception de dons sans autorisation administrative pr\u00e9alable. Mais, le soutien des habitants \u00e0 l\u2019Instance(35) lui a permis d\u2019\u00e9tendre sa protestation pour revendiquer sa participation au contr\u00f4le de la gestion de l\u2019administration publique de la province. La pression de la rue a abouti \u00e0 deux r\u00e9unions avec les repr\u00e9sentants des autorit\u00e9s locales et le conseil municipal de Tata. Certaines revendications ont \u00e9t\u00e9 satisfaites telles la gratuit\u00e9 des soins m\u00e9dicaux pour les habitants les plus d\u00e9munis et la suppression du payement pr\u00e9alable aux soins. La production sociologique ne cherche plus \u00e0 la question devenue classique, \u00e0 savoir pourquoi les gens se r\u00e9voltent, mais plut\u00f4t comment les gens protestent? Comment s\u2019organise et se construit une mobilisation sociale?<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de la mobilisation des ressources: comment les gens protestent?<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 70 ont donn\u00e9e lieu aux USA \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau cadre d\u2019analyse des mouvements sociaux : la th\u00e9orie de la mobilisation des ressources. Il ne s\u2019agit pas comme dans le mod\u00e8le \u00abcollective behaviour\u00bb de se demander pourquoi des groupes se mobilisent, mais comment se d\u00e9clenche, se d\u00e9veloppe, r\u00e9ussit ou \u00e9choue une mobilisation(36) collective. Les mouvements collectifs sont des actions qui ne sont d\u00e9termin\u00e9s ni par des crises syst\u00e9miques, ni par des situations de marginalit\u00e9, ni par des conditions de privation que ressentent leurs acteurs, mais par la capacit\u00e9 qu\u2019ont ces derniers \u00e0 organiser, quand la disponibilit\u00e9 des ressources le permet, des mobilisations visant la d\u00e9fense de leurs propres int\u00e9r\u00eats et de leurs valeurs.<\/p>\n<p>L\u2019utilitarisme a connu, dans les ann\u00e9es 70, un regain de vitalit\u00e9 avec cette th\u00e9orie dite de la mobilisation des ressources. Ce courant sociologique propose une autre interpr\u00e9tation (utilitariste) qui invente le concept de \u00abla mobilisation des ressources\u00bb pour l\u2019explication des actions collectives. La th\u00e9orie de la mobilisation des ressources tendent \u00e0 privil\u00e9gier le degr\u00e9 et la nature de l\u2019organisation sociale de l\u2019action collective (organisation organique, \u00abmoderne\u00bb ou communautaire, \u00abtraditionnelle\u00bb).<\/p>\n<p>Il s\u2019agit donc d\u2019une action rationnelle par excellence. Il faut donc examiner le processus de mobilisation de toutes les ressources (argent, mass m\u00e9dia, r\u00e9seaux communautaires ou autres, capital symbolique, id\u00e9ologie\u2026) pour pouvoir construire ou renforcer un mouvement social revendicatif. Cette th\u00e9orie n\u2019explique que la moiti\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes du mouvement collectif, c\u2019est \u00e0 dire la capacit\u00e9 d\u2019agir qui due \u00e0 la convergence des int\u00e9r\u00eats des membres d\u2019un groupe avec ceux d\u2019une organisation permettant l\u2019amorce d\u2019une mobilisation de ressources dont peuvent b\u00e9n\u00e9ficier les acteurs et gr\u00e2ce auxquelles ceux-ci parviennent \u00e0 faire na\u00eetre et \u00e0 d\u00e9velopper une action collective (McCarty &amp; Zald)(37). L\u2019autre moiti\u00e9 de l\u2019explication r\u00e9side dans l\u2019environnement externe qui est de nature politique. L\u2019environnement ext\u00e9rieur peut donc aussi bien impliquer des facilit\u00e9s que des difficult\u00e9s dans la formation et le d\u00e9veloppement des actions collectives.<\/p>\n<p>Aucun mouvement social ne peut \u00e9merger s\u2019il ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d\u2019un minimum d\u2019opportunit\u00e9s politique. L\u2019\u00e9tude de l\u2019environnement est un enjeu qui constitue une structure structurante de l\u2019activit\u00e9 des contestataires. Sidney Tarrow (1989) d\u00e9finit le concept des opportunit\u00e9s politiques en fonction de cinq facteurs:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0Le degr\u00e9 de fermeture ou d\u2019ouverture du syst\u00e8me politique<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0La stabilit\u00e9 ou l\u2019instabilit\u00e9 des alignements politiques<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0La pr\u00e9sence ou l\u2019absence d\u2019alli\u00e9s et de groupes de soutiens<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0La division des \u00e9lites ou leur tol\u00e9rance pour la protestation<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0La capacit\u00e9 du gouvernement \u00e0 initier des politiques publiques(38).<\/p>\n<p>Charles Tilley privil\u00e9gie le contexte politique dans lequel peuvent appara\u00eetre les mobilisations collectives. En analysant les violences collectives, C. Tilley(39) construit quatre types de syst\u00e8mes politiques qui se caract\u00e9risent par:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a01- Une grande capacit\u00e9 de non-d\u00e9mocratie (high capacity undemocratic), il cite l\u2019exemple de la Chine et de l\u2019Iran,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a02- Une faiblesse capacit\u00e9 de non-d\u00e9mocratie (low capacity undemocratic) illustr\u00e9e par les pays de la Somalie et du Congo,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a03- Une grande capacit\u00e9 de d\u00e9mocratie (high capacity democratic), comme le cas de l\u2019Allemagne et du Japon,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a04- Une faiblesse capacit\u00e9 de d\u00e9mocratie (low capacity democratic), comme la Jama\u00efque. Le Maroc pourrait \u00eatre inclus dans cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie.<\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes politiques qualifi\u00e9s de faible capacit\u00e9 de non-d\u00e9mocratie que nous trouvons essentiellement dans les pays africains sont des r\u00e9gimes autoritaires, qui n\u2019arrivent pas \u00e0 ma\u00eetriser le contr\u00f4le des mouvements sociaux ou ethniques. Cette faiblesse de contr\u00f4le engendre des violences collectives meurtri\u00e8res r\u00e9p\u00e9titives de la part de la population, puis \u00e9galement, de la part des forces charg\u00e9es de maintenir l\u2019ordre.<\/p>\n<p>A l\u2019instar des pays appartenant \u00e0 des syst\u00e8mes politiques d\u2019une grande capacit\u00e9 de non-d\u00e9mocratie, ils r\u00e9ussissent \u00e0 se maintenir au Pouvoir en emp\u00eachant toute autonomie des mouvements sociaux. Les luttes sociales sont r\u00e9prim\u00e9es dans le sang. Contrairement aux pays \u00e0 faible capacit\u00e9 de non-d\u00e9mocratie, les syst\u00e8mes politiques, qu\u2019on qualifie de totalitaires (grande capacit\u00e9 de non-d\u00e9mocratie), se caract\u00e9risent par l\u2019explosion des violences collectives spectaculaires, mais isol\u00e9es et limit\u00e9es dans le temps et dans l\u2019espace.<\/p>\n<p>Au Maroc, la multiplication des actions men\u00e9es par les mouvements sociaux en milieu urbain correspondent-elles \u00e0 une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 sociale, produit d\u2019un long processus, ou sont-elles tout simplement le produit d\u2019une nouvelle conjoncture caract\u00e9ris\u00e9e par une ouverture du syst\u00e8me politique marocain? Certes, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, le syst\u00e8me politique avait trop longtemps \u00e9touff\u00e9 les mouvements sociaux revendicatifs. Si la r\u00e9alisation du consensus politique national autour du probl\u00e8me du Sahara avait pour cons\u00e9quence une relative \u00ab paix sociale \u00bb demand\u00e9e par le souverain \u00e0 partir de 1975, celle-ci ne se traduit plus sur la sc\u00e8ne sociale. La cr\u00e9ation du syndicat de la CDT (Conf\u00e9d\u00e9ration d\u00e9mocratique du travail), proche de l\u2019USFP, les appels successifs aux gr\u00e8ves et la multiplication des \u00e9meutes violentes au cours des ann\u00e9es 80 vient rompre cette \u00abpaix sociale\u00bb et prouve par la m\u00eame occasion la fragilit\u00e9 de l\u2019encadrement politique de la soci\u00e9t\u00e9 urbaine.<\/p>\n<p>A partir des ann\u00e9es 80, une nouvelle gestion politique de la soci\u00e9t\u00e9 urbaine se met en place. Elle consiste \u00e0 ne plus utiliser la seule violence physique comme moyen de r\u00e9pression de la soci\u00e9t\u00e9 (arrestation, intimidation, liquidation, emprisonnement pour d\u00e9lit d\u2019opinion, suspension des Ul\u00e9mas et Khatibs (pr\u00eacheurs), censure des journaux, suspension de revues&#8230;). Une nouvelle attitude politique \u00abofficielle\u00bb est en train de se construire qui consiste \u00e0 assurer un meilleur contr\u00f4le des masses urbaines gr\u00e2ce:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019instruments de planification urbaine<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00e0 une politique massive du logement social. Cette nouvelle orientation est accompagn\u00e9e de l\u2019affichage de nouvelles valeurs li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9mocratie, aux droits de l\u2019homme, \u00e0 l\u2019Etat de droit, aux \u00e9lections \u00abs\u00e9rieuses\u00bb&#8230; qui permettent \u00e0 la fois l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019image ext\u00e9rieure du pays et l\u2019adh\u00e9sion des couches sociales moyennes citadines et instruites.<\/p>\n<p>Les interventions \u00e9tatiques ne s\u2019inscrivent plus sur un plan purement id\u00e9ologique ; des actions visant le contr\u00f4le et l\u2019int\u00e9gration socio-urbaine de la population citadine sont mises progressivement en oeuvre, plus particuli\u00e8rement apr\u00e8s les \u00e9meutes de juin 1981 \u00e0 Casablanca:<\/p>\n<p>\u2022 \u00e9laborer et veiller \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des documents d\u2019urbanisme dans le but de quadriller la ville, et plus particuli\u00e8rement les quartiers denses et p\u00e9riph\u00e9riques, et par voie de cons\u00e9quence, disposer d\u2019espaces facilement visibles et lisibles, donc ais\u00e9ment contr\u00f4lables;<\/p>\n<p>\u2022 acc\u00e9l\u00e9rer la mise en oeuvre d\u2019une politique massive du logement social pour r\u00e9sorber les espaces urbains per\u00e7us comme foyers privil\u00e9gi\u00e9s de m\u00e9contentement social;<\/p>\n<p>\u2022 renforcer le contr\u00f4le administratif par la multiplication des arrondissements urbains et des commissariats, et par le d\u00e9coupage des grandes villes en plusieurs pr\u00e9fectures coiff\u00e9es par une Wilaya;<\/p>\n<p>Si les ann\u00e9es 80 \u00e9taient le th\u00e9\u00e2tre de violences collectives r\u00e9currentes de la part de la soci\u00e9t\u00e9 et de la part des appareils de l\u2019Etat, les ann\u00e9es 90 annoncent de nouvelles formes de protestation ayant pour enjeu l\u2019occupation de l\u2019espace public. En effet, depuis 1991, le mouvement des dipl\u00f4m\u00e9s en ch\u00f4mage se durcit. Un sit in a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9, \u00e0 partir du d\u00e9but septembre 1995, face au si\u00e8ge du Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation nationale pendant plus de 9 mois et demi. Ce sit in est le plus long dans l\u2019histoire de la mobilisation du pays qui ne dispose pas d\u2019ailleurs d\u2019une tradition de protestation similaire. En effet, 79 personnes dipl\u00f4m\u00e9s universitaires, venant de plusieurs villes du Maroc et appartenant dans leur majorit\u00e9 \u00e0 des familles socialement modestes, ont r\u00e9ussi \u00e0 occuper \u00abill\u00e9galement\u00bb l\u2019espace public pour manifester leur revendication en mati\u00e8re d\u2019emploi.<\/p>\n<p>Les nouveaux mouvements sociaux<\/p>\n<p>La dispersion, l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et la multiplication des luttes sociales urbaines qui ont envahi l\u2019Europe occidentale au cours des ann\u00e9es 70, ont cr\u00e9\u00e9 une sorte de malaise chez les sociologues qui pensent que le seul mouvement social r\u00e9el est li\u00e9 \u00e0 la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n<p>Alain Touraine s\u2019est pos\u00e9 la question suivante: \u00abquel est le mouvement social qui occupera dans la soci\u00e9t\u00e9 post-industrielle le r\u00f4le central que f\u00fbt celui du mouvement ouvrier dans la soci\u00e9t\u00e9 industrielle et celui du mouvement pour les libert\u00e9s civiques dans la soci\u00e9t\u00e9 marchande?\u00bb(40) Selon Alain Touraine, le mouvement ouvrier est le seul qui r\u00e9pond exactement \u00e0 la d\u00e9finition du mouvement social. Aucun de ces nouveaux mouvements sociaux ne constitue un conflit social central et durable dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle. Le mouvement a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une solidarit\u00e9 et d\u2019un soutien du milieu intellectuel, des partis politiques, des associations, des syndicats qui le rend plus structur\u00e9, plus fort, plus combatif. Actuellement, \u00ables mouvements soci\u00e9taux sont devenus des mouvements moraux alors que, dans le pass\u00e9, ils avaient \u00e9t\u00e9 religieux, politiques ou \u00e9conomiques\u00bb(41).<\/p>\n<p>Le concept de nouveaux mouvements sociaux s\u2019imposait progressivement en Occident au cours des ann\u00e9es 70 dans les sciences sociales. Son \u00e9laboration correspondait \u00e0 l\u2019affaiblissement de la mobilisation sociale de la classe ouvri\u00e8re et \u00e0 la naissance de plusieurs types d\u2019actions collectives contestataires de l\u2019ordre social \u00e9tabli ; la mobilisation sociale est men\u00e9e par des acteurs nouveaux qui se sont impos\u00e9s sur la sc\u00e8ne urbaine, tels le mouvement des femmes, des habitants, des \u00e9tudiants, des r\u00e9gionalistes, des pacifistes, des homosexuels\u2026 Les nouveaux mouvements sociaux se d\u00e9finissent par rapport \u00e0 la naissance d\u2019une nouvelle classe moyenne dont les membres ont une formation pouss\u00e9e, une certaine s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomiques et des activit\u00e9s professionnelles li\u00e9es \u00e0 l\u2019enseignement ou \u00e0 d\u2019autres secteurs qui fournissent des services qualifi\u00e9s. Ce sont les membres radicaux de cette classe moyenne que proviennent les activistes et les partisans de ces nouveaux mouvements sociaux. Favoris\u00e9 par une nouvelle conjoncture politique, le mouvement associatif marocain se renforce de plus en plus. Les nouveaux mouvements sociaux revendicatifs se manifestent plus particuli\u00e8rement \u00e0 travers les associations f\u00e9minines, celles des droits de l\u2019homme, celles \u00e0 vocation religieuse, celles du mouvement Amazighe(42)&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mergence et le renforcement des nouveaux mouvements sociaux ont mis en exergue d\u2019autres formes de domination. Ils ont mis progressivement sur l\u2019espace public de nouveaux conflits sociaux, de nouveaux enjeux soci\u00e9taux et de nouvelles valeurs en comp\u00e9tition. Le d\u00e9bat est marqu\u00e9 par la question f\u00e9minine (le divorce, le mariage pr\u00e9coce, la violence contre la femme, la pension alimentaire, etc.), la corruption, la peine capitale, la torture\u2026les droits culturels et linguistiques, la libert\u00e9 d\u2019expression et toutes les valeurs li\u00e9es aux droits de l\u2019Homme d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, sans oublier tout r\u00e9cemment le d\u00e9bat autour de l\u2019avortement, de l\u2019homosexualit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Les derniers \u00e9v\u00e9nements (d\u00e9cembre 2007) qu\u2019a v\u00e9cus la ville de Laksar el-kebir en t\u00e9moignent largement. L\u2019opinion publique locale \u00e9tait mobilis\u00e9e contre un pr\u00e9suppos\u00e9 mariage entre deux homosexuels masculins. Une marche a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e juste apr\u00e8s la pri\u00e8re du vendredi par la mouvance islamiste appuy\u00e9e par des repr\u00e9sentants locaux d\u2019une association de droit humain (AMDH). Le lynchage a \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9 de justesse. C\u2019est dans le cadre de ces arrestations que l\u2019association(43) Kifkif est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Madrid en 2004 et que son coordonnateur g\u00e9n\u00e9ral monte au cr\u00e9neau en 2009 pour d\u00e9noncer la p\u00e9nalisation des pratiques homosexuelles. Au Maroc, l\u2019association accueille les homosexuels (lisbiennes, bisexuels et transexuels) sous forme de groupement, notamment \u00e0 Casablanca(44). La plupart des adh\u00e9rents de Kifkif(45), soit plus de 1.000, personnes r\u00e9sident au Maroc(46). Les adh\u00e9rents sont plut\u00f4t adolescents et jeunes. Etant donn\u00e9 que les pratiques homosexuelles sont sanctionn\u00e9es par la loi, l\u2019adh\u00e9sion est confidentielle et se fait essentiellement \u00e0 travers le site Internet. La prise de la parole par le coordonnateur de l\u2019association Kifkif \u00e0 travers la presse nationale donne une visibilit\u00e9 au d\u00e9bat sur les pratiques homosexuelles au Maroc confin\u00e9es jusqu\u2019ici dans la clandestinit\u00e9. En effet, le pr\u00e9sident de Kifkif a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une m\u00e9diatisation importante \u00e0 travers la presse dite ind\u00e9pendante: quatre entretiens dans le quotidien Assabah(47), un entretien respectivement avec l\u2019hebdomadaire al-Ayyame et Aujourd\u2019hui le Maroc(48).<\/p>\n<p>Les islamistes montent au cr\u00e9neau pour d\u00e9noncer l\u2019homosexualit\u00e9 en la consid\u00e9rant comme la \u00abgrande catastrophe\u00bb, \u00able grand crime pour les musulmans\u00bb(49). L\u2019un des leaders du parti de l\u2019Istiqlal, Mohamed Khalifa, d\u00e9clare que l\u2019association Kifkif a pour objectif de mettre en cause l\u2019identit\u00e9 marocaine \u2026 et de secouer les piliers fondamentaux du Maroc(50). Le coordonnateur de Kifkif rassure l\u2019opinion publique en d\u00e9clarant que nous n\u2019allons pas manifester dans l\u2019espace public avec des v\u00eatements de femmes(51): \u00abnous sommes des Marocains et nous respectons le Maroc. Nous souhaitons tout simplement, d\u00e9battre de choses qui nous int\u00e9ressent\u00bb(52).<\/p>\n<p>La mise sur le march\u00e9 de nouvelles valeurs men\u00e9es par des acteurs num\u00e9riquement minoritaires s\u2019heurte \u00e0 des valeurs s\u00e9culaires, solidement ancr\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9. R\u00e9cemment (en 2009), une bande de jeunes (une journaliste, une psychologue\u2026) \u00e9taient arr\u00eat\u00e9s, puis rel\u00e2ch\u00e9s, par la police, par ce qu\u00bb ils \u00e9taient soup\u00e7onn\u00e9e d\u2019\u00eatre l\u2019inspirateur d\u2019une tentative de manifestation dans l\u2019espace public, \u00e0 Mohammadia, de &#8220;non-je\u00fbneurs&#8221; durant le Ramadan. Ils revendiquent leur appartenance au Mouvement alternatif pour les libert\u00e9s individuelles (Mali), n\u00e9 d\u2019un groupe de discussion pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019origine sur Facebook.<\/p>\n<p>Mais en Occident, les nouveaux mouvements sociaux s\u2019essoufflent. Alain Touraine \u00e9crivait: \u00abAu milieu des ann\u00e9es 70, on a vu se d\u00e9velopper ce que j\u2019ai nomm\u00e9 de nouveaux mouvements sociaux, mais quelques ann\u00e9es plus tard la plupart d\u2019entre eux semblent avoir disparu. Ce n\u2019est en tous cas ni le mouvement \u00e9tudiant, d\u00e9compos\u00e9 ou r\u00e9duit \u00e0 des soul\u00e8vements sans lendemains, ni les mouvements des femmes, qui s\u2019est d\u00e9sorganis\u00e9s au lendemain de ses victoires juridiques, ni l\u2019action des minorit\u00e9s r\u00e9gionales ou culturelles qui peuvent pr\u00e9tendre occuper aujourd\u2019hui la place que fut celle du mouvement ouvrier dans le pass\u00e9, et le mouvement \u00e9cologique est davantage une critique du mod\u00e8le de d\u00e9veloppement ant\u00e9rieur qu\u2019un mouvement proprement social(53). Devant l\u2019essoufflement la mise en question de la \u00abmission historique\u00bb de la classe ouvri\u00e8re, selon la th\u00e9orie marxiste, il fallait chercher de nouveaux acteurs mobilisateurs. La rencontre de Pierre Bourdieu avec le mouvement social n\u2019est pas fortuite. Il est l\u2019un des grands penseurs des formes de domination sociale. Il cherche \u00e0 inventer une nouvelle relation entre les chercheurs et les mouvements sociaux dans un travail collectif de critique et de proposition conduisant \u00e0 de nouvelles formes de mobilisation et d\u2019action(54). \u00abOn ne peut pas faire l\u2019\u00e9conomie d\u2019un objectif aussi visiblement utopique que la construction d\u2019une conf\u00e9d\u00e9ration syndicale europ\u00e9enne unifi\u00e9e\u00bb(55). Ce syndicalisme r\u00e9nov\u00e9 appellerait des agents mobilisateurs anim\u00e9s d\u2019un esprit profond\u00e9ment internationaliste et capable de surmonter les obstacles li\u00e9s aux traditions juridiques et administratives nationales(56). Il accorde ainsi une grande importance \u00e0 l\u2019action des intellectuels au niveau de la mobilisation des masses. Il souhaite \u00abune organisation capable d\u2019orchestrer le travail collectif d\u2019un ensemble international de chercheurs, d\u2019artistes et de savants\u00bb(57). Dans cette entreprise collective, c\u2019est sans doute aux savants que revient le r\u00f4le primordial, \u00e0 un moment o\u00f9 les forces mondiales ne cessent d\u2019invoquer l\u2019autorit\u00e9 de la science, \u00e9conomique notamment(58). Et il ajoute l\u2019\u00abune des fonctions des chercheurs pourrait \u00eatre (id\u00e9alement) de jouer le r\u00f4le de conseillers en organisation du mouvement social en aidant les diff\u00e9rents groupes \u00e0 surmonter leurs diff\u00e9rends\u00bb(59). Bourdieu \u00e9tait accus\u00e9 de populisme, d\u2019id\u00e9aliser le citoyen protestataire, et m\u00e9fiant \u00e0 l\u2019\u00e9gard des institutions de repr\u00e9sentation. Ses prises de position publiques, notamment depuis la gr\u00e8ve en France(60) de 1995, \u00abne manquent pas de susciter de violentes r\u00e9actions, journalistiques, politiques ou savantes, mais \u00e9galement, c\u2019est la loi du genre, des plaidoyers passionn\u00e9s pro domo\u00bb(61).<\/p>\n<p>Les rapports de l\u2019OMDH : des informations non-pr\u00e9cises<\/p>\n<p>Les rapports de l\u2019OMDH \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9s avec sens aigu de la responsabilit\u00e9 et du professionnalisme. Les rapports de l\u2019OMDH, sp\u00e9cialement celui sur les \u00e9v\u00e9nements de Sidi Ifni, est tr\u00e8s courageux. Il cherche la neutralit\u00e9 en d\u00e9non\u00e7ant \u00e0 la fois la r\u00e9pression des forces de l\u2019ordre et les d\u00e9rapages des protestataires. Les rapports, la presse et les m\u00e9dias d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale ont tendance \u00e0 \u00absympathiser\u00bb avec les protestataires comme victimes de la r\u00e9pression polici\u00e8re.<\/p>\n<p>A travers des visites sur le terrain et une \u00e9coute de tous les acteurs concern\u00e9s par les protestations sociales (victimes, repr\u00e9sentants des autorit\u00e9s locales et centrales, procureur, m\u00e9decins\u2026), le rapport sur Sidi Ifni avait mis en relief un principe tr\u00e8s simple, mais qui n\u2019est pas toujours mis en \u0153uvre : la loi doit \u00eatre respect\u00e9e par tout le monde, aussi bien par les forces de l\u2019ordre que par les protestataires. Le rapport de l\u2019OMDH estime que le sit in organis\u00e9 au port de Sidi Ifni constituait une atteinte au droit des autres, par ce que 700 tonnes de poissons \u00e9taient en train de pourrir sous le soleil (p. 102) \u00e0 cause des protestataires. \u0635. 100 \u0627\u0644\u0642\u0627\u064a\u062f \u0627\u0644\u0636\u062d\u064a\u0629 p. 36 : neutralit\u00e9 p. 58 sefrou . \u0648 \u0645\u062d\u0627\u0648\u0644\u0629 \u0627\u0644\u0645\u0646\u0638\u0645\u0629 \u0623\u0646 \u062a\u0643\u0648\u0646 \u0645\u0648\u0636\u0648\u0639\u064a\u0629 \u0641\u064a \u062a\u0639\u0627\u0645\u0644\u0647\u0627 \u0645\u0639 \u0627\u0644\u0623\u062d\u062f\u0627\u062b. \u0635. 54 \u0645\u062b\u0644\u0627<\/p>\n<p>Le rapport de l\u2019OMDH, m\u00eame s\u2019il \u00e9tait critiqu\u00e9 par plusieurs associations, reste une r\u00e9f\u00e9rence qui met un peu de lumi\u00e8re sur les \u00e9v\u00e9nements. Le rapport sur Sidi Ifni est r\u00e9alis\u00e9 dans un climat de chaos total. On ne distinguait plus entre l\u2019information et les rumeurs \u00e9crites. Des informations fausses \u00e9taient largement m\u00e9diatis\u00e9es par la cha\u00eene de katare al-Jazira. On parle d\u2019\u00e9meutes du pain, de viols, d\u2019une dizaine, voire d\u2019une centaine de morts parmi les protestataires. Les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision publiques ont \u00e9taient plut\u00f4t silencieuses. La d\u00e9claration peu cr\u00e9dible du Premier-ministre va compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019encontre des informations v\u00e9hicul\u00e9es par la presse et le Centre marocain des droits de l\u2019Homme.<\/p>\n<p>L\u2019identification des acteurs de la protestation faite d\u00e9faut dans la majorit\u00e9 des diff\u00e9rents rapports de l\u2019OMDH Ils \u00e9vitent, consciemment ou inconsciemment, d\u2019\u00e9voquer et d\u2019identifier les acteurs de la protestation sociale. Un rapport \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une enqu\u00eate sur le terrain sur des conflits sociaux pr\u00e9cis aboutissant \u00e0 une violence \u00e0 la fois de la part des forces de l\u2019ordre et des protestataires, doit en premier lieu rep\u00e9rer les organisateurs de la protestation. A la page 13, 14, 19 et 98, par exemple, le Rapport sur les \u00e9v\u00e9nements de Laayoune et ceux de Sidi Ifni utilisent \u00e0 plusieurs reprises une notion aussi bien g\u00e9n\u00e9rique que vague pour d\u00e9signer les acteurs de la protestation, \u00e0 savoir(62) :<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0Un groupe d\u2019habitants\u2026<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0Certains habitants se sont regroup\u00e9s\u2026 en lan\u00e7ant des slogans anti-marocains\u2026<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0Une manifestation a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e \u00e0 Bahalile\u2026 p. 14, 16, 52<\/p>\n<p>En outre, les rapports nous ont soumis des listes de personnes arr\u00eat\u00e9es par la police sans pr\u00e9ciser leurs appartenances politiques, syndicales ou associatives. La non-pr\u00e9cision de l\u2019information est l\u2019un des grandes faiblesses des Rapports. A titre d\u2019exemple, on peut lire \u00e0 la page 16 et 17 que \u00able comit\u00e9 (les rapporteurs) a recueilli plusieurs t\u00e9moignages\u00bb\u2026. \u00abPlusieurs accus\u00e9s se sont plaints de\u2026\u00bb). Mais \u00e0 la page 53, on pr\u00e9cise tr\u00e8s bien que la manifestation de Sefrou \u00e9tait organis\u00e9e par l\u2019AMDH.<\/p>\n<p>Plusieurs formules non-pr\u00e9cises sont utilis\u00e9es dans les Rapports de l\u2019OMDH:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00abLe comit\u00e9 a re\u00e7u plusieurs t\u00e9moignages\u2026\u00bb, p. 16,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00abPlusieurs accus\u00e9s se sont plaints\u2026\u00bb, p. 17,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00abL\u2019arrestation de certains membres de l\u2019AMDH\u2026\u00bb, p. 17,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u00abHarc\u00e8lement de certaines organisations non-gouvernementales\u00bb, p. 19<\/p>\n<p>M\u00eame remarques peut \u00eatre formul\u00e9e par rapport aux d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels. Le rapport utilise la formule suivante \u00e0 la page 105: \u00abDestruction des serrures de plus d\u2019une maison \u00e0 Sidi Ifni\u00bb. Ou encore des expressions telles les forces de l\u2019ordre utilisent un lexique sexuel vulgaire et ind\u00e9cent. Alors qu\u2019il faut pr\u00e9ciser, par exemple, que les protestataires arr\u00eat\u00e9s \u00e9taient insult\u00e9s et trait\u00e9s de fils de putains et fils d\u2019Espagnols\u2026<\/p>\n<p>Notes<\/p>\n<p>1- Le caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de l\u2019\u00e9meute ne signifie pas qu\u2019elle est sans cons\u00e9quences politiques, sociales, spatiales, etc. Les retomb\u00e9es de l\u2019\u00e9meute de juin 1981 au Maroc et celle d\u2019octobre 1988 en Alg\u00e9rie sont de ce point de vue r\u00e9v\u00e9latrices.<\/p>\n<p>2- Voir la bibliographie \u00e0 la fin du texte.<\/p>\n<p>3- Pour plus de d\u00e9tails, voir notre article : \u00ab Sciences sociales et violence collective urbaine au Maghreb\u00bb. In\u00a0<strong>Prologues<\/strong>, n\u00b0 16, 1999, Casablanca<\/p>\n<p>4- Claude Liauzu, G. Meunier (et all), E<strong>njeux urbains au Maghreb : crises, pouvoirs et mouvements sociaux<\/strong>, Paris, L\u2019Harmattan, 1985<\/p>\n<p>5- Mohamed Naciri, &#8220;L\u2019am\u00e9nagement des villes peut-il pr\u00e9venir leurs soubresauts ?&#8221;. in\u00a0<strong>Etat, ville et mouvements sociaux au Maghreb et au Moyen-Orient<\/strong>, Paris, l\u2019Harmattan, 1989. p. 237-248. In Etat, ville et mouvements sociaux. p. 237-248<\/p>\n<p>6- G. Rocher,<strong>\u00a0Le changement social<\/strong>. p. 146, vol. III. Ed. MHM, 1968<\/p>\n<p>7- Cf. Pickvance, p. 74, op. cit.<\/p>\n<p>8- A. Touraine,\u00a0<strong>Pourons-nous vivre ensemble ? \u00e9gaux et diff\u00e9rents<\/strong>. p. 118<\/p>\n<p>9- A. Touraine, op. cit. p. 117-118<\/p>\n<p>10- Lors des inondations et des incendies dans les bidonvilles ou encore apr\u00e8s les effondrements des logements \u00e0 la M\u00e9dina ou \u00e0 la Nouvelle-m\u00e9dina, les forces de l\u2019ordre encerclent rapidement les lieux sinistr\u00e9s et emp\u00eachent toute aide ext\u00e9rieure au quartier sauf si elle passe par l\u2019interm\u00e9diaire des autorit\u00e9s locales.<\/p>\n<p>11- Alexis de Toqueville,\u00a0<strong>L\u2019ancien r\u00e9gime et la r\u00e9volution<\/strong>. Tome 2, in Oeuvres compl\u00e8tes. Paris, Gallimard, 1981, p. 74<\/p>\n<p>12- Alain Touraine, &#8220;Action collective&#8221;, in\u00a0<strong>Dictionnaire de la sociologie<\/strong>, Paris, Albin Michel, 1998. p. 11-19.<\/p>\n<p>13- Gustave Le Bon,\u00a0<strong>La psychologie des foules<\/strong>. p. 17. Nous n\u2019allons pas revenir ici sur l\u2019emploi de la notion de race par Le Bon pour expliquer les variations dans le comportement de diff\u00e9rentes sortes de foules. Voir l\u2019avant propos de Otto klineberg \u00e0 l\u2019ouvrage de G. Le Bon : Psychologie des foules. Paris : PUF, 1981<\/p>\n<p>14- Op. cit. p. 25.<\/p>\n<p>15- Op. cit. p. 29.<\/p>\n<p>16- Lewis Coser,\u00a0<strong>La fonction du conflit social<\/strong>. Op. cit. p. 131<\/p>\n<p>17- Lewis Coser, idem. p. 129<\/p>\n<p>18- Albert O. Hirschman, \u00e9conomiste am\u00e9ricain, a d\u00e9velopp\u00e9 un mod\u00e8le \u00e0 partir du champ \u00e9conomique pour le transposer au champ politique Il a propos\u00e9 un mod\u00e8le d\u2019analyse qui permet de comprendre un m\u00e9contentement quelconque : la d\u00e9fection (exit), le loyalisme (loyalty), la prise de la parole (vioce).<\/p>\n<p>19- Le terme \u00abconflit r\u00e9aliste\u00bb n\u2019implique pas n\u00e9cessairement que les moyens adopt\u00e9s soient r\u00e9ellement ad\u00e9quats pour atteindre l\u2019objectif recherch\u00e9.; ces moyens peuvent sembler ad\u00e9quats aux participants pour la seule raison qu\u2019ils sont approuv\u00e9s culturellement\u00bb. Lewis Coser: La fonction du conflit social. Paris, PUF, 1982. p. 37.<\/p>\n<p>20- Lewis Coser,\u00a0<strong>La fonction du conflit social<\/strong>. p. 33, Paris, PUF, 1982<\/p>\n<p>21- Ted Robert Gurr,\u00a0<strong>Why men rebel<\/strong>. Princeton University Press, 1970.<\/p>\n<p>22- Louis Gruel,\u00a0<strong>La r\u00e9bellion de 68: une relecture sociologique<\/strong>, Rennes, Presses universitaires de Rennes,2004. p. 19<\/p>\n<p>23- Louis Gruel,\u00a0<strong>La r\u00e9bellion de 68<\/strong>. p. 20. op. cit. Louis Gruel avance qu\u2019aucune observation n\u2019indique qu\u2019en mai 1968 ou dans les p\u00e9riodes pr\u00e9c\u00e9dentes les \u00e9tudiants en psychologie ou en sociologie aient \u00e9prouv\u00e9 une menace particuli\u00e8re de d\u00e9classement. p. 52<\/p>\n<p>24- Erik Neveu,\u00a0<strong>Sociologie des mouvements sociaux<\/strong>, Paris, La d\u00e9couverte, 1996. p. 43.<\/p>\n<p>25- Erik Neveu,\u00a0<strong>Sociologie des mouvements sociaux<\/strong>. op. cit. p. 40-41<\/p>\n<p>26- Voir l\u2019article de Mohamed Ben Attou, &#8220;P\u00e9riph\u00e9rie urbaine et migration dans le pr\u00e9-sahara marocain, Ifni : une petite ville de la p\u00eache \u00e0 l\u2019\u00e9migration clandestine&#8221;, In\u00a0<strong>Dirassat<\/strong>, revue publi\u00e9e par la Facult\u00e9 des lettres et des sciences humaines, Agadir, N\u00b0 12, 2006, p. 7<\/p>\n<p>27- Cette manifestation de protestation s\u2019inscrit d\u00e9sormais dans une tradition tr\u00e8s r\u00e9cente : le syndicat de la CDT avait appel\u00e9, le 20 juin 2000, \u00e0 une manifestation \u00e0 Zagora, au sud du pays, pour exprimer sa protestation contre l\u2019\u00e9tat et l\u2019insuffisances des \u00e9quipements sanitaires dans la r\u00e9gion. Regroupant entre 6.000 \u00e0 7.000 personnes, selon les organisateurs, les manifestants avaient occup\u00e9 pacifiquement les rues Zagora. La manifestation avait d\u00e9marr\u00e9 du si\u00e8ge de la CDT en passant par le si\u00e8ge de la pr\u00e9fecture pour arriver finalement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Derrak.<\/p>\n<p>28- A la m\u00eame p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, les protestataires ont squatt\u00e9 certaines administrations. Le cort\u00e8ge officiel du gouverneur de Tiznit et du Haut commissariat aux anciens combattants avait \u00e9t\u00e9 le cible des pierres des manifestants. 19 membres du Secr\u00e9tariat (SLSIA) ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et imm\u00e9diatement rel\u00e2ch\u00e9s sous la pression de la rue. Voir l\u2019hebdomadaire Le Roporter, n\u00b0 422 du 05 juillet 2007<\/p>\n<p>29- En parall\u00e8le, les p\u00eacheurs et les transporteurs victimes du blocus avaient commenc\u00e9 \u00e0 protester en envoyant des requ\u00eates aux autorit\u00e9s locales et en organisant un sit in.<\/p>\n<p>30- Pour plus de d\u00e9tails, voir le rapport en langue arabe r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019OMDH : Pour une interm\u00e9diation efficace \u00e0 l\u2019\u00e9gard des mouvements sociaux et pour interroger et mettre fin \u00e0 l\u2019impunit\u00e9. 01 juillet 2008<\/p>\n<p>31- Une grande manifestation de solidarit\u00e9 avec les victimes de la violence polici\u00e8re a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e le 14 juin 2008 \u00e0 Sidi Ifni, sans parler de sit in r\u00e9guliers abserv\u00e9s par les protestataires apr\u00e8s l\u2019intervention violente des forces de l\u2019ordre.<\/p>\n<p>32- La presse signale \u00e0 tort des d\u00e9c\u00e9s parmi les victimes de l\u2019intervention des forces de l\u2019ordre.<\/p>\n<p>33- Trois d\u00e9put\u00e9s du parti de l\u2019Istiqlal, deux pour le RNI, deux pour l\u2019USFP, deux pour l\u2019Authenticit\u00e9 et modernit\u00e9 et un pour le PPS\/FFD. Cinq d\u00e9put\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019opposition parlementaire (PJD, MP et UC).<\/p>\n<p>34- Voir l\u2019hebdomadaire al-Bidawi (en langue arabe), n\u00b0 145, 7 juin 2005.<\/p>\n<p>35- L\u2019Instance cherchait en fait \u00e0 mobiliser la population pour l\u2019organisation d\u2019une marche vers Rabat.<\/p>\n<p>36- M . Offerl\u00e9,\u00a0<strong>Sociologie des groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat<\/strong>, Paris, Montchrestien, 1994, p. 52<\/p>\n<p>37- Antimo L. Farr,\u00a0<strong>les mouvements sociaux : diversit\u00e9, action collective et globalisation<\/strong>. Montr\u00e9al, Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, 2001, p. 73<\/p>\n<p>38- Olivier Fillieule (dir.),\u00a0<strong>Sociologie de la protestation: les formes de l\u2019action collective dans la France contemporaine<\/strong>, Paris, L\u2019Harmattan, 1993, p. 48<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">39- Charles Tilly,\u00a0<strong>The politics of collective violence<\/strong>. Cambridge, Cambridge University Press, 2003<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">40- A. Touraine,\u00a0<strong>La voix et le regard<\/strong>. 1993, p. 125<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">41- A. Touraine,\u00a0<strong>Pourons-nous vivre ensemble ? \u00e9gaux et diff\u00e9rents<\/strong>. p. 122<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">42- Les publications p\u00e9riodiques relatives \u00e0 la culture berb\u00e8re se sont multipli\u00e9es au cours des ann\u00e9es 90. On peut signaler les revues Amoud en 1990 \u00e0 Rabat, Tassafout en 1991 \u00e0 Rabat , Al-haouia en 1994 \u00e0 Agadir , Amazigh \u00e0 Rabat , Tifinagh en 1994 \u00e0 Rabat , Tamount en 1994 \u00e0 Rabat , Tiffaout en 1994 \u00e0 Rabat , Taousna en 1995 \u00e0 Casablanca et Amezday en 1996 \u00e0 Rabat Cette derni\u00e8re constitue le bulletin des activit\u00e9s culturelles des associations berb\u00e8res (Amazighes). Il existe 18 associations berb\u00e9ristes, dont deux situ\u00e9es \u00e0 Casablanca, qui sont r\u00e9unies en Conseil national de coordination.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">43- L\u2019association a pour objectif de sensibiliser la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la souffrance et \u00e0 la discrimination dont souffrent et p\u00e2tissent les homosexuels, de d\u00e9p\u00e9naliser l\u2019homosexualit\u00e9 et d\u2019affirmer le droit de disposer librement de son corps.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">44- Toutes les informations relatives \u00e0 l\u2019association Kifkif et \u00e0 son coordonnateur g\u00e9n\u00e9ral sont puis\u00e9es dans l\u2019entretien accord\u00e9 par Samir Bergachi \u00e0 Maroc hebdo international (Date) et dans le site www.gaymaroc.net<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">45- Samir Bergachi, le coordonnateur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019association Kifkif, est un jeune gar\u00e7on marocain de 22 ans, n\u00e9 \u00e0 Nador et grandi \u00e0 Tanger et \u00e0 Casablanca. A l \u2018\u00e2ge de dix ans, il a quitt\u00e9 le Maroc pour Paris, puis il s\u2019installe \u00e0 Madrid o\u00f9 il poursuit ses \u00e9tudes universitaires sur la civilisation islamique.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">46- Les homosexuels masculins qui se livrent \u00e0 la prostitution sont estim\u00e9s \u00e0 35.000 personnes par le Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur. Cf. le quotidien Assabahiya (en langue arabe), 24-03-2009<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">47- Voir le quatre entretiens publi\u00e9s par Assabah, quotidien en langue arabe, du 2, 3, 4 et 5 mars 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">48- Le pr\u00e9sident de l\u2019association Kifkif a annonc\u00e9e l\u2019organisation, \u00e0 Marrakech, le 15 avril 2009, d\u2019un colloque sur \u00ab Genre et homosexualit\u00e9 dans la culture marocaine \u00bb. Il d\u00e9clara que \u00ab par respect au Minist\u00e8re de l\u2019int\u00e9rieur, si l\u2019association estime que le colloque pourrait avoir des retomb\u00e9es n\u00e9gatives sur le Maroc, il est possible de l\u2019annuler \u00bb. Cf. le quotidien Assabahiya (en langue arabe), quotidien marocain, 26-03-2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">49- Les homosexuels d\u00e9clarent la guerre au Maroc, un dossier pr\u00e9par\u00e9 par le quotidien Attajdid, proche du parti islamiste le PJD, du 13\/15 mars 2009<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">50- Cf.\u00a0<strong>al-Massae<\/strong>, quotidien marocain en langue arabe, 13-03-2009<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">51- Cf. le quotidien\u00a0<strong>Assabahiya<\/strong>\u00a0(en langue arabe), quotidien marocain, du 19-03-2009<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">52- Cf. le quotidien\u00a0<strong>Assabahiya<\/strong>, du 26-03-2009<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">53- A. Touraine, &#8220;D\u00e9couvrir les mouvements sociaux&#8221;. in\u00a0<strong>Actions collectives et mouvements sociaux<\/strong>\u00a0( dir. F. Chazal), p.32-33<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">54- Pierre, Bourdieu,\u00a0<strong>Contre-feux: pour un mouvement social europ\u00e9en<\/strong>,Paris, Raisons d\u2019agir, 2001. p. 10<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">55- Idem, p. 21<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">56- Idem, p. 19<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">57- Idem p. 40<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">58- Idem, p. 40<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">59- Idem, p. 63<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">60-\u00a0<strong>Le grand refus, r\u00e9flexion sur la gr\u00e8ve de d\u00e9cembre 1995<\/strong>. Alain Touraine, Fran\u00e7ois Dubet, Didier Lapeyronnie\u2026 et all. Paris, Libr. A. Fayard, 1996<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">61-\u00a0<strong>Le mouvement social en France: essai de sociologie politique<\/strong>, Sophie B\u00e9roud, Ren\u00e9 Mouriaux, Michel Vakaloulis, Paris, La Dispute, 1998, p. 44<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">62- \u0642\u0627\u0645\u062a \u0645\u062c\u0645\u0648\u0639\u0629 \u0645\u0646 \u0627\u0644\u0633\u0643\u0627\u0646.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u062a\u062c\u0645\u0647\u0631 \u0628\u0639\u0636 \u0627\u0644\u0633\u0643\u0627\u0646&#8230; \u0631\u0641\u0639\u062a \u0634\u0639\u0627\u0631\u0627\u062a \u0645\u0639\u0627\u062f\u064a\u0629 \u0644\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628\u2026<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ribatalkoutoub.ma\/dist\/puce_rtl.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" border=\"0\" \/>\u00a0\u0646\u0638\u0645\u062a \u0645\u0638\u0627\u0647\u0631\u0629 \u0628\u0627\u0644\u0628\u0647\u0627\u0644\u064a\u0644&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Bibliographie<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Boukhobza, M\u2019hammed,\u00a0<strong>Octobre 88 : \u00e9volution ou rupture ?<\/strong>\u00a0Alger, Bouch\u00e8ne, 1991,<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Burke, Edmund, III, Rural \u00abresistance and popular protest in Morocco : a study of the tribal rebellion of 1911\u00bb -in\u00a0<strong>Revue de l\u2019Occident musulman et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/strong>, 1973. 13\/14, p. 193-206<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Casquete, Jesus, \u201cThe power of demonstrations\u201d. in\u00a0<strong>Social movement studies<\/strong>. vol. 5, n 1, 2006, pp. 45-60<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Charef, Abed,\u00a0<strong>Octobre : Alg\u00e9rie : 88<\/strong>. Alger, Laphomic, cop. 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Chazel, Fran\u00e7ois,<strong>\u00a0Action collective et mouvements sociaux<\/strong>, sous la dir. de Fran\u00e7ois Chazel, Paris, Presses universitaires de France,1993.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Chazel, Fran\u00e7ois,\u00a0<strong>Du pouvoir \u00e0 la contestation<\/strong>, Paris, Libr. g\u00e9n\u00e9rale de droit et de jurisprudence, 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Coser, Lewis A.,\u00a0<strong>Les fonctions du conflit social<\/strong>. texte trad. par Marie Matignon et r\u00e9v. par Pierrette Andres, Mich\u00e8le de Launay, Jacqueline L\u00e9cuyer. Paris, Presses universitaires de France, 1982.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Emeutes et mouvements sociaux au Maghreb : perspective compar\u00e9e<\/strong>, actes du colloque tenu \u00e0 Saint-Denis les 23 et 24 octobre 1998 sous la dir. de Didier Le Saout et Marguerite Rollinde.Paris, Karthala, cop. 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Claude Liauzu, Gilbert Meynier, Maria Sgroi-Dufiesne, Pierre Signoles,\u00a0<strong>Enjeux urbains au Maghreb: crises, pouvoirs et mouvements sociaux<\/strong>, Paris, L\u2019Harmattan, 1985.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Fillieule, Olivier,\u00a0<strong>Sociologie de la protestation: les formes de l\u2019action collective dans la France contemporaine<\/strong>, sous la dir. d\u2019Olivier Fillieule.Paris, L\u2019Harmattan, 1993.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">From contention to democracy, ed. by Marco G. Giugni, Doug McAdam, Charles Tilly.Totowa, Rowman and Littlefield, 1998. XXVI- Hirschman, Albert O., D\u00e9fection et prise de parole : th\u00e9orie et applications. Paris, Libr. A. Fayard, 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Hooghe, Marc, &#8220;Ethnic organisations and social movement theory: the political opportunity structure for ethnic mobilisation in Flanders&#8221;. In\u00a0<strong>Journal of ethnic and migration studies<\/strong>. Vol. 31, n 5, septembre 2005. Pp.975-990<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Kraiem, Mustapha, \u00abEtat, syndicats et mouvement social lors des \u00e9v\u00e9nements du 26 janvier 1978\u00bb, In\u00a0<strong>Les mouvements sociaux en Tunisie et dans l\u2019immigration Tunis<\/strong>, Centre d\u2019\u00e9tudes et de recherches \u00e9conomiques et sociales, 1996.p. 197-249<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Melucci, Alberto, \u201cThe voice of the roots ethno-national mobilization\u201d. in<strong>Innovation<\/strong>, vol. 3, n. 3, 1990. pp. 351<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Oberschall, Anthony, \u201cSocial movement and the transition to democracy\u201d. in<strong>Democratization<\/strong>, vol. 7, no. 3 2000, p. 25-35<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Olson, Mancur,\u00a0<strong>Logique de l\u2019action collective<\/strong>. Paris, Presses universitaires de France, 1978<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Tilly, Charles,\u00a0<strong>La France conteste de 1600 \u00e0 nos jours<\/strong>. Paris, Libr. A. Fayard, 1986.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Tilly, Charles, \u00abR\u00e9clamer viva voce\u00bb. in\u00a0<strong>Revue cultures et conflits<\/strong>. Paris, L\u2019harmattan, n 5, 1992, p. 110.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Tilly, Charles,\u00a0<strong>The politics of collective violence<\/strong>. Cambridge, Cambridge University Press, 2003. XII-276 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Touraine, Alain,\u00a0<strong>Critique de la modernit\u00e9<\/strong>. Paris, Libr. A. Fayard, 1992<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Touraine, Alain,\u00a0<strong>La parole et le sang : politique et soci\u00e9t\u00e9 en Am\u00e9rique latine<\/strong>. Paris, O. Jacob, 1988. 533 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Wieviorka, Michel, \u201cAfter new social movements\u201d. in\u00a0<strong>Social movement studies<\/strong>. vol. 4 n\u00b01, 2005, pp. 1-19<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Bibliographie de l\u2019auteur Sur les mouvements sociaux<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Casablanca: l\u2019urbanisme de l\u2019urgence<\/strong>. Impr. Najjah el-Jadida, 2002<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ville et pouvoirs au Maroc. Casablanca: Ed. Afrique-Orient, 1994<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00abDe l\u2019urbanisation subie \u00e0 l\u2019urbanisation volontaire\u00bb. Actes du forum international organis\u00e9 par le Haut commissariat au plan le 25-26 novembre 2005 \u00e0 Casablanca In\u00a0<strong>Soci\u00e9t\u00e9 marocaine: changement et sc\u00e9narios d\u2019avenir<\/strong>. Rabat, Haut commissariat au plan, 2006<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00abCasablanca : \u00e9meute et gestion politico-spatiale\u00bb. Actes du colloque international organis\u00e9 par l\u2019Institut de recherche sur le Maghreb contemporain \u00e0 Tunis. Paris, Maisonneuve &amp; Larose. (Connaissance du Maghreb), sous presse.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00abSciences sociales et violence collective urbaine au Maghreb\u00bb. In\u00a0<strong>Prologues<\/strong>, n\u00b0 16, 1999, Casablanca.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Politique urbaine et espace p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 Casablanca<\/strong>,.Th\u00e8se d\u2019Etat, Facult\u00e9 des lettres et des sciences humaines, A\u00efn Chock Casablanca, Universit\u00e9 Hassan II, 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">&#8220;Violence, Etat et conqu\u00eate de l\u2019espace public au Maroc&#8221;. In\u00a0<strong>Empreintes, m\u00e9langes offerts \u00e0 Jacques Levrat<\/strong>. Rabat, Ed. al-Assas\/ La source, 2000, p.69-86<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00abEtat et p\u00e9riph\u00e9rie urbaine \u00e0 Casablanca\u00bb. In\u00a0<strong>Les espaces p\u00e9riph\u00e9riques au Maroc et au Maghreb \u00e0 l\u2019heure de la mondialisation<\/strong>. Actes de colloque organis\u00e9 par la facult\u00e9 des Lettres et des sciences humaines de Rabat, 2001.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Casablanca: politiques urbaines et pressions sociales<\/strong>. p. 57-65, in revue NAQD (Alger), revue d\u2019\u00e9tudes et de critiques sociales, n 16, 2002<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00abEn l\u2019absence d\u2019une tradition de protestation sociale urbaine\u00bb. Vioces from Morocco = Voix du Maroc. in\u00a0<strong>Mediterraneans, a biannual review<\/strong>, n 11, 1999 \u20132000.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00abP\u00e9riph\u00e9rie, \u00e9meutes et politique urbaine, le cas de Casablanca\u00bb. in\u00a0<strong>Horizons maghr\u00e9bins<\/strong>, n 25\/26, 1994, Toulouse<\/p>\n<div style=\"text-align: left;\"><\/div>\n<\/div>\n<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u062a\u0642\u0627\u0631\u064a\u0631 \u0644\u062c\u0646 \u062a\u0642\u0635\u064a \u0627\u0644\u062d\u0642\u0627\u0626\u0642: \u0627\u0644\u0639\u064a\u0648\u0646\u060c \u0627\u0644\u062d\u0633\u064a\u0645\u0629\u060c \u0635\u0641\u0631\u0648\u060c \u0627\u0644\u0642\u0635\u0631 \u0627\u0644\u0643\u0628\u064a\u0631\u060c \u0633\u0644\u0627\u060c \u0633\u064a\u062f\u064a \u0625\u0641\u0646\u064a\u00a0\u060c \u0627\u0644\u0631\u0628\u0627\u0637\u060c \u0646\u0634\u0631 \u0627\u0644\u0645\u0646\u0638\u0645\u0629 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628\u064a\u0629 \u0644\u062d\u0642\u0648\u0642 \u0627\u0644\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646\u060c 2009 La protestation sociale est une notion g\u00e9n\u00e9rique qui regroupe \u00e0 la fois l\u2019\u00e9meute, le mouvement social et les nouveaux\u00a0 La protestation sociale est une notion g\u00e9n\u00e9rique qui regroupe \u00e0 la fois l\u2019\u00e9meute, le mouvement social et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":54,"featured_media":590,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[253],"tags":[],"class_list":["post-589","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-253"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/589","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/54"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=589"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/589\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/590"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=589"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=589"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ribatalkoutoub.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=589"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}